Le matériel de forage pour les huiles de schiste est arrivé à Doue, en Seine-et-Marne. Photo prise le 4 février 2011.
Le matériel de forage pour les huiles de schiste est arrivé à Doue, en Seine-et-Marne. Photo prise le 4 février 2011. - P.Doerler

Audrey Chauvet

Samedi avaient lieu en Seine-et-Marne les premières réunions d'information sur les projets d'extraction de gaz et d'huile de schiste. Une cinquantaine d'élus et d'associations étaient mobilisés à Meaux contre ces forages accusés de détruire l'environnement.  Alors que la mobilisation contre ces projets est déjà forte dans d'autres régions de France, notamment via le collectif créé par José Bové dans le Larzac ou les demandes des régions (Rhône-Alpes, Ile-de-France, Picardie) de suspendre les travaux d'exploration, les citoyens de Seine-et-Marne veulent se joindre au mouvement.

De nouveaux forages pour remplacer les puits épuisés

Si les extractions de pétrole ne sont pas nouvelles en Seine-et-Marne, les puits exploités depuis une trentaine d'années sont quasiment épuisés. D'où la nécessité pour les entreprises pétrolières de trouver d'autre approvisionnements. «Les forages de gaz et d’huile de schiste coûtent trois fois plus cher mais peuvent contenir dix à vingt fois plus de pétrole qu’un forage vertical classique», explique le député Yves Cochet, présent lors de la réunion d’information à Meaux. «A 100 ou 150 dollars le baril de pétrole, les entreprises sont prêtes à détruire les plaines de Brie. Sommes-nous prêts à les laisser faire?», interpelle Caroline Pinet, du collectif Ecologie durable.

Le parc naturel régional en mauvaise posture

Dans la région de Meaux, les partisans de la création d’un parc naturel régional se font du souci. Pierre Doerler, président de l'Union pour le projet de parc naturel régional de la Brie, a pu s'approcher des zones d'exploration à Doue, en plein cœur du territoire prévu pour le parc naturel: «Il n'y a aucun panneau, les gendarmes m'ont répondu que le code minier n'imposait aucun affichage. On ne nous dit pas ce qui se passe chez nous.»

Aux alentours de Doue, un permis de prospection de 830 km2, soit huit fois la superficie de Paris, a été accordé. La méthode d'extraction des gaz et des huiles de schiste est accusée de détruire les zones de forage en fracturant le sous-sol et en injectant des détergents chimiques qui s'infiltrent dans les nappes phréatiques. Des collectifs vont être créés afin de «savoir dans quel état nous pourrons continuer à vivre ici», explique le collectif Ecologie durable. Une pétition est également en ligne et un rassemblement à Doue le 5 mars en présence de José Bové devrait permettre de renforcer le mouvement.

La réponse de Toréador

Dans un communiqué de presse publié ce lundi, l'entreprise Toreador, titulaire de permis d'exploration de gaz et d'huiles de schiste en Ile-de-France, rappelle «qu’au cours des seize dernières années Toreador a foré 37 puits de pétrole dans le Bassin de Paris, dont sept puits horizontaux, en totale conformité avec la législation française, dans le respect de l’environnement et dans le cadre de relations de long terme avec les ministères et les responsables régionaux et locaux concernés».

Selon Craig McKenzie, président-directeur général de Toreador, «Là où nous opérons, nous sommes totalement engagés à respecter l’environnement et à promouvoir le développement économique des communes et la création locale d’emplois», et l’entreprise assure se tenir à la disposition de la mission ministérielle chargée d’évaluer les risques de ces forages.