Dosettes de thé Nestlé lors de la présentation du produit le 20 mai 2010 à Paris.
Dosettes de thé Nestlé lors de la présentation du produit le 20 mai 2010 à Paris. - AFP PHOTO ERIC PIERMONT

Capsules de café, portions individuelles de fromage ou petites canettes de boissons de quinze centilitres: bientôt, ce gisement d’aluminium ne passera plus au travers des mailles des centres de tri. Sur 50.000 tonnes par an d’emballages ménagers en aluminium, seulement 32% ont été réutilisés en France en 2009. Les producteurs d’emballages «légers» en aluminium, trop petits pour les trommels (tamis rotatifs) des centres de tri, se sont associés avec des opérateurs de gestion de déchets dans le Var, les Alpes-Maritimes et le Lot pour installer des machines à courant de Foucault qui permettent, grâce à des aimants rotatifs, d’éjecter l’aluminium vers les bacs de recyclage appropriés. Les premières expériences ont permis de recycler en 2010 près de trente tonnes d’aluminium supplémentaires et de nouvelles collectivités devraient se joindre aux expériences du Celaa (Club du recyclage de l’emballage léger en aluminium et en acier) en 2011.

Objectif du Grenelle de l’environnement: 75% de déchets ménagers recyclés

A l’initiative et grâce au financement de Nespresso, trois centres de tri ont investi dans des machines coûtant 100 à 150.000 euros. Dans le Var, le groupe Pizzorno Environnement a ainsi recyclé quinze tonnes d’aluminium supplémentaires en 2010 (soit 33,5% d’augmentation) par rapport à 2009. Sur ces quinze tonnes, collectées auprès de 500.000 habitants qui les ont jetées dans leurs poubelles de déchets recyclables, on compte 27% de capsules de café et 14% de canettes.

Pour Nespresso, qui veut recycler 75% de ses capsules dans le monde d’ici à 2013, il est important de simplifier la vie du consommateur et donc lui permettre de jeter ses capsules dans le bac des déchets recyclables au lieu de les rapporter au magasin. D’autres producteurs confrontés au même problème de récupération des petits emballages aluminium ont vite manifesté leur intérêt pour ces expériences: les fromageries Bel, qui produisent les portions de Vache qui rit et les Apéricubes, ou encore BCME (Beverage Can Makers Europe) qui doit gérer les petites canettes de quinze centilitres et les canettes écrasées qui échappent au tri automatisé. «En France, seulement deux tiers des canettes sont recyclées et non 75% comme le demande le Grenelle de l’environnement», explique Sylvain Jungfer, délégué général de BCME.

La capsule de café devient carrosserie de voiture

Si l’on compte les papiers aluminium (emballages de chocolat par exemple), les barquettes de cuisson, les opercules et bouchons, ou encore les aérosols, le potentiel de recyclage est énorme et pourrait rentabiliser les investissements des centres de tri. «Le prix de revente dépend de la quantité d’aluminium pur, en moyenne la tonne d’aluminium est revendue entre 300 et 500 euros», précise David Valour, du groupe Pizzorno. Pour l’environnement, ce sont 6,7 tonnes de CO2 qui sont économisées pour chaque tonne d’aluminium recyclée.  

En 2011, des expérimentations seront menées en Ile-de-France et la marge de progrès est énorme, estime Marc Teyssier d’Orfeuil, délégué général du Celaa. Les déchets aluminium des industries pourraient être intégrés dans la collecte et les gros morceaux actuellement triés seront, à terme, mélangés aux petits emballages pour obtenir des quantités significatives d’aluminium recyclé en France. Qui repartiront pour une deuxième vie d’emballage ou pour «l’architecture, la construction de bateaux ou de carrosseries légères pour les véhicules électriques», prévoit Marc Teyssier d’Orfeuil.

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