Récolte de blé en Inde, en mars 2009.
Récolte de blé en Inde, en mars 2009.

© 2011 AFP

Changer nos habitudes alimentaires, en finir avec le gaspillage des ressources et le gâchis de nourriture, ne pas se priver des technologies nouvelles comme les OGM: un rapport publié lundi par le gouvernement britannique dessine des pistes pour nourrir la planète en 2050. La population globale devrait atteindre 8 milliards d'individus en 2030 et 9 milliards en 2050, un défi gigantesque alors que l'humanité ne parvient déjà pas à nourrir les 7 milliards existants, rappelle le rapport. 925 millions de personnes ne mangent pas aujourd'hui à leur faim.

Il n'y a pas de recette miracle, souligne le rapport, qui a fait appel à 400 contributeurs dans 235 pays. Il préconise «un changement drastique du système alimentaire» en tenant compte de toutes les contraintes, comme le changement climatique et la raréfaction des ressources (eau, énergie). Les nouvelles technologies telles que les organismes génétiquement modifiés (OGM) ne «doivent pas être exclues a priori», mais leur introduction doit être soumise à une étude rigoureuse de leur impact sur la santé et l'environnement. En outre, les OGM «peuvent changer la relation entre les intérêts commerciaux et les producteurs», reconnaissent les auteurs.

Moins gaspiller et produire plus dans des conditions naturelles moins favorables

«Le système actuel vit au dessus de ses moyens», soulignent les auteurs: il consomme les ressources naturelles à un rythme supérieur à leur renouvellement, comme le montre l'épuisement des stocks de poissons. Un des principaux défis sera donc de produire plus de nourriture «sans disposer de beaucoup plus de terres» et en tenant compte de l'épuisement des ressources en eau, des contraintes en énergie, et des effets du changement climatique.

La consommation de viande, coûteuse en terre et en céréales pour les animaux, devrait être limitée. «Difficile mais pas impossible», estiment les auteurs, qui font valoir les bénéfices pour la santé dans les pays riches.

Quelque 30% de la nourriture est perdue (stockage déficient, transport) ou jetée, note le rapport, qui souligne qu'en réduisant de seulement la moitié ce gaspillage, on pourrait réduire le besoin de nourriture à l'horizon 2050 de l'équivalent du quart de la production annuelle aujourd'hui.