La maison en bois veut reverdir son image

CONSTRUCTION Au salon de l'habitat durable à Nantes, les constructeurs de maisons en bois sont partout et espèrent faire décoller un marché encore anecdotique en France...

Mickaël Bosredon

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Pose de panneaux d'isolation thermique dans une maison écologique en bois.

Pose de panneaux d'isolation thermique dans une maison écologique en bois. — PERROT OLIVIER/SIPA

Cette année, le salon de l’habitat durable à Nantes envoie du bois. Dans les travées de ce salon dédié à l’habitat écologique depuis 2004, les constructeurs de maisons en bois se bousculent au portillon. Surfant sur la vague du Grenelle de l’Environnement, tous espèrent voir le marché français enfin décoller. «On sent de l’intérêt de la part des visiteurs, on vient nous poser des questions… Mais la plupart n’osent pas encore franchir le pas», raconte Yves Abline, agent commercial pour Polar Life Hause à Laval, constructeur finlandais qui propose des maisons en bois massif.

«Le mythe des Trois petits cochons est passé par là…»

En Amérique du  Nord et en Scandinavie, neuf maisons sur dix sont construites en bois chaque année. En Allemagne cette proportion est de 70%. En France elle dégringole à 5%. «Nous sommes très en retard» convient Karl Poinson, commercial chez Maisons Nature et Bois, filiale du groupe Trecobat qui propose des maisons à ossature bois. «Le mythe des Trois petits cochons est passé par là… En France la maison en bois souffre encore d’une image de fragilité. Alors qu’en réalité, en cas de mouvement sismique, elle réagira mieux qu’une maison en parpaing. Et regardez la Scandinavie, dans cette zone où soufflent régulièrement des tempêtes, la grande majorité des maisons est en bois», poursuit le commercial.

Isolant naturel, chaleureuse, résistante… La maison en bois ne présenterait donc que des avantages. Sauf, peut-être, le prix. «Il faut reconnaître un surcoût de 10-12% par rapport à une maison traditionnelle en parpaing», admet Karl Poinson. Qui s’empresse d’ajouter que «nous essayons de le gommer en optimisant l’espace. Par exemple on a tendance à supprimer les couloirs pour gagner des mètres carrés.» Les raisons de ce surcoût s’expliquent en partie par l’obligation d’importer du bois de Scandinavie. «Il y a suffisamment de bois en France, mais on manque de résineux», poursuit Karl Poinson. Et la qualité ne serait pas la même. «Le résineux finlandais, l’épicea nordique ou le pin sylvestre, arrive à maturité au bout de 60 ans, contre 25 ans pour du pin maritime français. Cela fait une sacrée différence», explique de son côté Yves Abline.

«Il faut que les bâtiments collectifs se construisent en bois»

En serrant les budgets, Maisons Nature et Bois arrive à proposer durant le salon des maisons de 3-4 chambres entre 165.000 euros et 183.000 euros, terrain compris, sur Saint-Herblon ou Redon. Polar Life Hause propose des produits montés «entre 1.500 euros et 2.000 euros le mètre carré», sans le terrain.

«De toute façon, les coûts baisseront réellement quand on fera de la quantité, résume Karl Poinson. Et pour cela il faut que les bâtiments collectifs se construisent de plus en plus avec du bois. Ce qui se fait de plus en plus…»

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