Les quotas de pêche à la légine devraient être réhaussés d'icideux à trois ans
Les quotas de pêche à la légine devraient être réhaussés d'icideux à trois ans

Propos recueillis par Mickaël Bosredon

La campagne scientifique d’évaluation de la population marine à Kerguelen vient de s’achever. Quelles en sont les conclusions?

Elles sont très encourageantes. Nous avons observé une stabilisation du stock de légines, alors qu’il avait été sévèrement atteint dans les années 1990-début 2000 par une intensive pêche illégale. La population de légines juvéniles est même en très forte hausse, ce qui laisse supposer que nous pourrons augmenter les quotas de pêche d’ici deux à trois ans.
 
Comment avez-vous obtenu ce résultat?

Depuis une dizaine d’années nous développons un modèle de gestion durable de la pêche. Il repose sur une expertise scientifique menée par le Muséum national d’histoire naturelle sur l’état de la ressource, une réglementation au bénéfice de l’environnement (pêche par 500 mètres de fonds minimum, taille limite de capture…), l’obligation d’embarquer sur chaque bateau un contrôleur des Taaf, et enfin la surveillance de la zone pour lutter contre la pêche illicite.
 
Il n’y a pas que la légine à Kerguelen. Qu’en est-il des autres espèces?

Le stock de poissons recensés durant cette campagne, menée sur 209 points pendant 29 jours, a été de 48 tonnes contre 19 tonnes lors de la même campagne en 2006. Nous sommes volontairement retournés aux mêmes endroits et à la même période qu’en 2006 pour avoir une idée réaliste de l’évolution sur quatre ans. Nous pourrons donc ouvrir la prochaine campagne de pêche le 1er septembre 2011 à deux espèces, le colin austral et le poisson des glaces, dont la surexploitation dans les années 1980 et 90 avait entraîné l’interdiction à la commercialisation.
 
Avez-vous définitivement réglé le problème de la pêche illicite?

Le dernier navire arraisonné remonte à 2004. Ce problème est donc bien maîtrisé aujourd’hui, grâce à une surveillance radar de la zone exclusive de Kerguelen, aussi grande que la surface de la France, aux patrouilles de la Marine Nationale, et à la surveillance des pêcheurs eux-mêmes. Mais il ne faut pas baisser la garde. La remontée des stocks dans la zone va attiser les convoitises, surtout à l’encontre de la légine, un poisson à haute valeur commerciale, très prisé sur les marchés asiatiques et nord-américain.
 
Le modèle durable de cette pêche vous paraît-il exportable?

Nous sommes dans une zone exclusive, où nous avons limité le nombre de bateaux de pêche à sept, ce qui correspond à l’équilibre économique de la zone. Il n’empêche que quelques principes de bon sens peuvent être adoptés, comme l’échange régulier entre l’administration, les pêcheurs et les scientifiques. Cela permet de mettre tout le monde d’accord sur l’état de la ressource, et de mener une politique de long terme.