La résidence universitaire du Havre, réalisée à partir de conteneurs, le 23 août 2010.
La résidence universitaire du Havre, réalisée à partir de conteneurs, le 23 août 2010.

Audrey Chauvet avec AFP

C’est un nouveau genre de boîte dans laquelle les étudiants vont pouvoir passer leurs nuits: pour la première fois en France, des conteneurs anciennement utilisés pour transporter les marchandises par bateau ont été récupérés et aménagés pour créer une résidence étudiante au Havre. Inaugurés ce lundi par Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur, les studios de 25 m2 abriteront une centaine d’étudiants, pour 305 euros par mois.

Des balcons, un coin cuisine, et la vue sur le port

«Il faut vraiment savoir qu'il s'agit de conteneurs classiques qui ont été aménagés», souligne Camille Gallap, le président de l'université du Havre. Peints en gris, les conteneurs sont disposés autour d'un patio, sur une ossature métallique de quatre niveaux, avec de larges baies vitrées découpées soigneusement dans la tôle et des balcons pour certains.

 

A l'intérieur, l'espace est plus vaste que celui d'une chambre de «Cité U» traditionnelle (25 m2 contre 18) avec les sanitaires nettement séparés du coin cuisine-repas et du coin chambre-bureau. Chaque studio est isolé, insonorisé, équipé d'une connexion wifi et beaucoup ont une vue sur le port.

 

Le même prix pour 7m2 de plus

Posé sur un terrain mis à disposition gratuitement par la ville du Havre, cet ensemble facilement démontable a été construit en moins d'un an et a coûté cinq millions d'euros, soit l'équivalent du prix d'une résidence classique, pour laquelle il aurait fallu deux ans et demi de construction. Selon le promoteur qui a conçu cet aménagement, les coûts pourraient être réduits de 20 à 30 % pour les prochains projets.

Pour les étudiants, loger dans un conteneur ne coûtera pas plus cher. Le studio est proposé à 305 euros, soit au même prix qu'une chambre traditionnelle, avec la même possibilité de déduire l'Aide personnalisée au logement. «C'est le même prix mais avec 7 m2 de plus», souligne Thierry Capron, directeur du Comité local des oeuvres universitaires (Clous) du Havre.

A ces conditions, les places de cette résidence se sont arrachées en quelques semaines. Perrine, 20 ans, fait partie des heureux élus. «J'en avais entendu parler à la télé et je trouvais intéressant et original de vivre à l'intérieur d'un conteneur», explique cette étudiante en 2e année de BTS d'économie sociale et familiale.

Le conteneur a de l’avenir

Imaginée aux Pays-Bas et déjà répandue en Allemagne, en Australie et au Canada, cette solution pourrait être une des pistes pour résoudre la pénurie de logements universitaires en France. Le parc public ne compte que 160.000 chambres pour 2,2 millions d'étudiants et il faudrait en construire plusieurs dizaines de milliers pour répondre à la demande.

En raison de son caractère standard et mobile, le conteneur a été revisité par les architectes pour de multiples usages: bureau, vestiaire, réfectoire, studio, mais aussi station-service, cabinet médical ou encore laboratoire scientifique. De tels détournements ont pris des proportions considérables en Chine où des villages entiers de conteneurs ont été édifiés pour loger les travailleurs migrants notamment autour de Shenzhen, la métropole proche de Hong Kong.