Les travaux de l'Inra visent à lutter contre le court-noué, un virus attaquant la vigne.
Les travaux de l'Inra visent à lutter contre le court-noué, un virus attaquant la vigne.

avec AFP

Une soixantaine de faucheurs venus de toute la France ont saccagé 70 pieds de vigne transgénique dans l'unité de Colmar de l'Institut national de recherche agronomique (Inra) dans la nuit de samedi à dimanche, ont indiqué les gendarmes.

Policiers et gendarmes sont rapidement arrivés sur les lieux: environ 50 hommes ont pris place autour du champ et ont arrêté tous les faucheurs. Ils les ont conduits au commissariat de Colmar où ils ont été entendus un par un avant d'être relâchés au compte-gouttes dans le courant de la matinée.

«C'est gravissime pour la recherche»

Jean Masson, le président de l'unité de Colmar de l'Inra, a porté plainte. «C'est gravissime pour la recherche. On travaille pour un établissement public et ces malades viennent tout détruire. Ils empêchent la connaissance d'avancer, c'est tout ce qu'ils font», a-t-il déclaré.

Pour leur part, les ministres de l'Ecologie, de la Recherche et de l'Agriculture ont «condamné fermement» le fauchage. Ils se sont déclarés «choqués de cet acte de dégradation scandaleux contre un essai exemplaire qui a su associer (...) scientifiques, organisations professionnelles agricoles, collectivités locales et ONG environnementales», dans un communiqué commun.

«Ces recherches ne représentaient aucun risque»

Jean-Louis Borloo, Valérie Pécresse et Bruno Le Maire affirment que «ces recherches, menées dans la plus grande transparence, ne représentaient aucun risque, ni pour la sécurité sanitaire, ni environnementale». Selon eux, «la recherche en biotechnologies est indispensable à l'avenir de l'agriculture».

«Nous avons agi dans la non-violence, à visage découvert. L'argent public finance les OGM, ces essais s'effectuent en plein champs et nous n'en voulons pas», avait déclaré à l'aube Olivier Florent, l'un des faucheurs volontaires.

Un précédent fauchage en septembre 2009

Les pieds de vigne coupés sont les mêmes que ceux déjà saccagés en septembre 2009 par un homme qui avait alors agi seul. Celui-ci avait été condamné en novembre dernier à 2.000 euros d'amende et un euro symbolique de dommages et intérêts. L'Inra avait fait appel de cette condamnation qu'il juge trop clémente.

L'Institut a par ailleurs obtenu au printemps l'autorisation de reprendre ses recherches. Celles-ci portent sur le court-noué, une maladie virale présente dans la quasi-totalité des régions viticoles du monde où elle provoque la mort des vignes et rend les terres impropres à la viticulture.