Paris victime de pollution à l'ozone, le 16 juin 2003.
Paris victime de pollution à l'ozone, le 16 juin 2003. - ALFRED/SIPA

Alors que la chaleur s’abat sur la France et qu’un dépassement du premier seuil d’alerte pour l’ozone est prévu ce mardi en Ile-de-France, une étude menée par une équipe de l’université de Séoul établit un lien entre le taux de particules dans l’air et le risque de suicides.

Selon cette étude, rapportée dans The New Scientist, le risque de suicide est de 9% plus élevé dans les deux jours suivant un pic de pollution par rapport à un jour à faible taux de PM-10, les particules de moins de 10 microns.

19% de suicides en plus pour les personnes déjà malades

Les chercheurs coréens ont étudié la corrélation entre 4.000 suicides dans sept villes coréennes et le taux de particules en suspension dans l’air. Les deux jours suivant les pics de pollution seraient les plus meurtriers, essentiellement pour les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires déjà liées à la pollution: le taux de suicide augmenterait de 19% par rapport aux jours «normaux» pour ces personnes.

Auparavant, une étude menée par des scientifiques taïwanais avait démontré que les personnes souffrant d’asthme lié à la pollution avaient deux fois plus de risques de se suicider que les personnes ne souffrant d’aucune affection respiratoire.

Détresse psychologique et inflammations nerveuses

Derrière ces statistiques, les effets respectifs des maladies et de la pollution restent à établir. Les liens entre maladies respiratoires et santé mentale commencent juste à être étudiés. En 2009, une équipe américaine du Centre pour la prévention et le contrôle des maladies d’Atlanta a révélé que 7,5% des personnes souffrant d’asthme aux Etats-Unis déclarent souffrir de détresse psychologique, contre seulement 3% de la population totale.

Lorsqu’un pic de pollution aggrave la maladie, les personnes psychologiquement affaiblies peuvent alors commettre l’irréparable. Le professeur Chang Soo Kim, qui a dirigé l’étude coréenne, formule également l’hypothèse d’inflammations nerveuses causées par les particules PM-10.

Pas d’alerte en France

Ces particules, générées par les véhicules mais également les centrales thermiques et de nombreuses industries, font l’objet en France d’un suivi par le système Prev’Air et Airparif.

Pas d’inquiétude pour les prochains jours en région parisienne: la valeur limite de 50 µg/m3 en moyenne par jour ne devrait pas être dépassée. Le seuil d’alerte, de 125 µg/m3, n’a pas été atteint depuis le 11 janvier 2009, où la concentration en PM-10 est montée à 192 µg/m3 sur l’autoroute A1, à Saint-Denis.

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