Un festival d'initiatives écolos

PLANETE Les festivals musicaux de l'été se soucient de l'environnement...

Audrey Chauvet

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Le festival Solidays, à Paris, le 25 juin 2010.

Le festival Solidays, à Paris, le 25 juin 2010. — DUPUY FLORENT/SIPA

Solidays, Eurockéennes de Belfort, Francofolies de la Rochelle, Rock en Seine,... pour ne pas que là où les festivals passent, l’herbe ne repousse plus, les organisateurs se soucient de plus en plus de l’impact environnemental de ces événements.

Le festival commence dans le bus

Les festivals, ça dure trois jours, ça déplace beaucoup de monde et ça piétine pas mal la pelouse. Pas reluisant pour l’environnement. «Le poste le plus impactant pour l’environnement, c’est le transport des festivaliers et des prestataires», confirme Stanislas Surun, directeur associé de Magnum, prestataire technique dans l’événementiel.

Pour inciter les festivaliers à emprunter les transports en commun, tous les concerts de Rock en Seine (au domaine national de Saint Cloud) terminent avant minuit pour profiter des derniers métros.

Pour les festivals plus campagnards, des offres de transports collectifs sont mises en place. Par exemple, pour se rendre aux Eurockéennes, vous pouvez prendre un TER à tarif réduit, et pour aller aux Vieilles Charrues, des bus au départ de 25 villes ont été prévus.

Du jetable au durable

On le sait, pendant les festivals on a chaud, on chante, on crie, et donc on boit beaucoup. Pour éviter des tonnes de gobelets plastique, les Vieilles Charrues, à l’image de nombreux autres festivals, se dotent cette année de gobelets réutilisables.

Pour les inévitables déchets, les festivals se mettent au tri. En partenariat avec Eco-Emballages, les festivaliers de Solidays ont trié, lors de l’édition 2009, 12 tonnes de verres et emballages dont le recyclage a permis d’éviter l’émission de plus de 12 tonnes d’équivalent CO2.

«Le tri des déchets est une entrée en matière pédagogique dans le développement durable, mais ça ne suffit pas, explique Stanislas Surun. On marche à l’envers: il faudrait déjà savoir comment on va recycler et collecter avant de lancer une telle démarche. S’il faut transporter les déchets sur des kilomètres pour les recycler, ce n’est pas la peine».

Un label en création

Toilettes sèches, flyers en papier recyclé, restauration bio, stands de covoiturage... autant de démarches pour lesquelles les organisateurs ont besoin d’être conseillés. L’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) a mis à leur disposition un outil, nommé Adere (Auto-diagnostic environnemental pour les responsables d’événements), pour leur permettre d’évaluer leurs impacts environnementaux et de les réduire.

«L’outil Adere est pédagogique, mais il ne s’adresse qu’aux organisateurs, déplore Stanislas Surun. Il faudrait que chacun, producteurs, tourneurs, prestataires, puissent se retrouver dans un univers commun». C’est dans ce but que le Synpase, syndicat national des prestataires de l’audiovisuel scénique et événementiel, est en train de créer un label développement durable qui en intègre les trois volets (environnement, social, économique).

Artistique, social, environnemental

Car pour Stanislas Surun, le social est aussi important que l’environnement: «Si on trie ses déchets, mais qu’on paye les gens au noir, ça ne va pas. Parler d’environnement sans parler de social, c’est se donner bonne conscience»..

Stanislas Surun pointe du doigt quelques effets d’annonce: «Un festival a voulu faire une scène avec un éclairage basse consommation, mais sans se demander: d’où viennent les projecteurs? Or il est plus impactant de faire venir ces produits de loin que de prendre des produits locaux à consommation normale». Idem pour le son: «Il faut arrêter la course à l’armement sur la puissance: on est dans une situation ubuesque où on met toujours plus de kW de son et où les festivaliers viennent avec des bouchons d’oreilles...».

Les prestataires ont donc du pain sur la planche: travailler sur des décors réutilisables, éviter l’utilisation de groupes électrogènes, avoir du matériel léger et à faible encombrement pour le transport et la manutention... «L’artistique devrait plus tenir compte de ces critères, car au final avec des moyens adaptés on fait un geste pour l’environnement et pour le porte-monnaie», constate Stanislas Surun.

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