L'élevage bovin est un gros émetteur de gaz à effet de serre.
L'élevage bovin est un gros émetteur de gaz à effet de serre. - GILE MICHEL/SIPA

À l’initiative du collectif «viande.info», députés, sénateurs et ONG étaient conviés ce mercredi à un buffet végétarien à l’Assemblée nationale. Pas seulement pour se régaler de galettes de céréales, brochettes de légumes ou flan au tofu, mais pour parler de l’impact de la consommation de viande sur l’environnement.

Pas facile de devenir végétarien

Convaincu qu’une réduction de la consommation de viande est bonne pour la santé et pour l’environnement, Yann Arthus-Bertrand reconnaît toutefois que «ce n’est pas facile de devenir végétarien». C’est donc en expliquant les impacts de l’élevage sur les ressources naturelles que les associations espèrent convaincre les citoyens de manger un peu moins de viande et, par le relais d’élus, ouvrir un moratoire sur l’élevage intensif.

Du tofu à la cantine

Plusieurs initiatives pour réduire la consommation de viande, notamment dans la restauration collective, ont déjà été entreprises. Dans le 2e arrondissement de Paris, les cantines scolaires ont adopté une journée végétarienne tous les mardis. Jacques Boutault, maire du 2e arrondissement, assure que l’idée «passe bien auprès des parents quand on leur explique. Les gamins adorent les raviolis au tofu et les pizzas végétariennes!». Une idée que le député Vert Yves Cochet aimerait voir appliquée plus largement dans les collectivités locales:«Il faut alerter le gouvernement sur la possibilité d’un article ou d’un amendement dans la loi pour instaurer une journée végétarienne par semaine. Ce projet déjà présenté pour le Grenelle2 n’est pas passé, mais il sera reproposé lors du débat sur la loi de modernisation agricole au Sénat.»

Les éleveurs pourraient également s’y retrouver:«Il faut leur démontrer que c’est par une démarche qualitative qu’ils assureront leur perennité» affirme le député UMP François Grosdidier. Le journaliste Fabrice Nicolino, auteur de Bidoche, l’industrie de la viande menace le monde, dénonce également un «système de pouvoir des syndicats agricoles, qui ont engagé l’élevage dans un système intensif et industriel», bien souvent au détriment de la qualité de la viande.

Santé, environnement et solidarité internationale

Selon la FAO, le tiers des terres cultivables de la planète est employé à produire la nourriture des animaux d’élevage, au détriment des cultures destinées à l’alimentation humaine. 50% des céréales françaises sont destinées au bétail et la France est aussi le premier importateur européen de tourteaux de soja (souvent OGM) cultivé intensivement dans les pays émergents au prix de la déforestation et de l’expropriation des populations locales. Également très consommateur d’eau (il faut 15.500L d’eau pour produire 1kg de bœuf) et gros émetteur de gaz à effet de serre (18% des émissions mondiales selon la FAO), l’élevage intensif apparaît comme une aberration écologique.

D’autant plus que la consommation de viande à tous les repas n’est pas nécessaire à un bon équilibre alimentaire et pourrait même être dangereuse pour la santé en favorisant les maladies cardio-vasculaires. Le sénateur Vert Jacques Muller résume :«Moins de viande, c’est un plus pour la santé, un plus pour l’environnement et un plus pour la solidarité internationale.»


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