«Nous appelons à la fin immédiate de tout investissement dans de nouveaux projets de production et d'infrastructure de combustibles fossiles, et encourageons une hausse significative du financement des énergies renouvelables…»

Après l’alerte des 15.000 scientifiques sur l’état de la planète, le 13 novembre dernier en marge de la Cop 23 de Bonn, près de 80 économistes de 20 pays signent ce jeudi une déclaration initiée par l’ONG 350.org et appelant à la «fin des investissements dans les énergies fossiles ».

Juste avant le sommet de Paris

La déclaration paraît quelques jours avant le One Planet Summit, nouveau rendez-vous international dédié au climat, cette fois-ci à Paris mardi prochain et axé sur les financements de l'action climat.

Parmi les signataires figurent les Américains Jeffrey Sachs et James Galbraith, le Français Patrick Criqui, Tim Jackson (université du Surrey), Charles Palmer (London School of Economics), le Suédois Thomas Sterner, les Japonais Takeshi Mizuguchi et Shuzo Nishioka ou encore l'ex-ministre et économiste grec Yanis Varoufakis.

Une partie de l’équation oubliée

« Le président français et d'autres dirigeants se sont déjà exprimés sur la nécessité d'un soutien financier accru aux solutions climatiques, mais ils n'ont rien dit sur l'autre partie de l'équation: les financements qui continuent à être accordés à de nouveaux projets de production et d'infrastructures charbonnières, gazières et pétrolières», ajoute le texte.

«Il est temps que l'ensemble des acteurs économiques mondiaux se tournent pleinement vers des énergies renouvelables sûres», et «les institutions de développement comme les investisseurs publics et privés ont la responsabilité urgente et l'obligation morale de montrer la voie», dit encore l'appel, évoquant une «transition inévitable» et les opportunités qui y sont liées.

« Créer les conditions pour rendre ce changement possible »

«La communauté des investisseurs a le pouvoir de créer les conditions pour rendre ce changement possible», soulignent les signataires, appelant à «construire une économie saine tout en protégeant les salariés du secteur de l'énergie, les communautés et en tenant compte des limites écologiques d'une planète finie».

Les émissions de gaz à effet de serre, à l'origine d'un dérèglement du climat sans précédent, sont liées pour les trois quarts à la combustion des énergies fossiles. Selon les études scientifiques, il faudra écourter l'exploitation des réserves en cours si le monde veut rester sous le seuil critique de 2°C de réchauffement.