• En Ariège, 689 bêtes mortes à cause des ours ont été indemnisées cette année.
  • Un chiffre en forte augmentation, car les plantigrades se plaisent sans les estives du Couserans.
  • Pour adoucir ce bilan, la préfecture prévoit de nouvelles mesures pour améliorer la cohabitation entre les ours et les bergers.

Plus de 660 moutons ou brebis, 17 vaches, quatre chevaux et même deux chiens. C’est le tableau de chasse officiel des ours des Pyrénées pour l’année 2017 dans les estives ariégeoises. Mardi, la Commission d’indemnisation des dommages des ours (Cido) du département a validé l’indemnisation de 689 bêtes au total. Alors que l’an dernier il y en avait eu trois fois moins (228) en Ariège et « seulement » 415 sur l’ensemble du massif.

Toutes n’ont pas été dévorées. Certaines ont juste été effarouchées par les plantigrades et ont chuté d’une barre rocheuse dans la panique. D’ailleurs, l’explosion statistique est en partie due au « dérochement » d’un troupeau entier de brebis au mois de juillet dans l’estive de Mont-Rouch. Plus de 200 ovins sont tombés d’un coup.

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Par ailleurs, il faut ramener cette prédation à sa juste proportion : quelque 500.000 brebis paissent chaque année dans les vertes estives des Pyrénées, dont 55.000 en Ariège.

Les oursons apprennent à chasser

Sont-ils devenus plus féroces ou plus affamés ? « Ils sont surtout concentrés dans un petit périmètre, dans les estives du Couserans où ils se plaisent, répond Frédéric Novellas, le directeur départemental des Territoires (DDT). Il y a notamment des femelles avec leurs oursons, qui leur apprennent à chasser, parfois maladroitement ».

Le technicien estime que l’Ariège concentre « 80 à 90 % des prédations du massif ». Et pour cause, sur les 39 plantigrades officiellement recensés dans les Pyrénées (en attendant l’intégration statistique des nombreux oursons détectés), 37 se baladent dans le « noyau central ».

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Ces chiffres annuels arrivent dans un contexte déjà tendu en Ariège avec le monde pastoral. Lors du bilan de la Cido, la préfète, Marie Lajus, a pris soin de confirmer des mesures pour apaiser le climat.

Relèvement des barèmes d’indemnisation

Elle a notamment annoncé la création d’une mission interministérielle. Des hauts fonctionnaires vont se rendre « rapidement » dans les Pyrénées pour rencontrer tous les acteurs du dossier, bergers et pro ours en tête. Ils devront faire des propositions de cohabitation applicables « si possible dès l’été 2018 ».

Par ailleurs, le barème d’indemnisation des bêtes va être aligné sur celui des victimes du loup. Celui-ci est plus favorable aux éleveurs, car il tient notamment compte des bêtes simplement portées disparues, celles qui ne redescendent jamais.