VIDEO. Marseille: Des récifs artificiels pour repeupler une calanque détruite par la pollution

ENVIRONNEMENT Des récifs artificiels vont être immergés dans la calanque de Cortiou dans l’espoir d’y voir revenir une forme de vie sous-marine…

Mathilde Ceilles

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La calanque de Cortiou

La calanque de Cortiou — Florian Launette

  • La calanque de Cortiou est dépeuplée en raison du rejet d’eaux usées.
  • Des récifs artificiels pourraient aider à reconstituer la biodiversité.

On connaissait les fausses plantes en plastique ou encore les faux fruits en verre à mettre dans la corbeille du salon (si si). Le 27 novembre, ce sont de faux récifs en béton qui seront immergés dans une calanque marseillaise, en l’occurrence la calanque de Cortiou. L’opération d’un million d’euros a même son nom de code, REXCOR.

Euh… mais qu’est-ce qui se passe au juste ? Les calanques, ce sont des paysages splendides et une faune qui font le bonheur des randonneurs et des accros à Instagram. Mais le joli spectacle en surface n’est pas le même à quelques lieues sous la mer. Dans la calanque de Cortiou, les fonds sont aujourd’hui déserts. Pas une trace de vie, pas une petite larve, encore moins une algue, à quelques encablures à l’est de la mythique et très fréquentée calanque de Sormiou.

La raison ? Depuis plus d’un siècle, les eaux usées de la station d’épuration de Marseille sont rejetées dans cette calanque. Depuis 1970, les eaux du fleuve Huveaune finissent également dans ce secteur. Résultat : les fonds marins de la calanque de Cortiou, autrefois composés d’une faune et une flore riches, se retrouvent détruits par la pollution, le tout en plein cœur du parc national des Calanques.

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C’est quoi le projet REXCOR ? Rexcor est l’acronyme de Restauration écologique expérimentale des petits fonds côtiers de la calanque de Cortiou. Après trois ans de préparation, le 27 novembre prochain, 36 récifs artificiels seront acheminés par bateau depuis La Seyne-sur-Mer pour être immergés sur quatre sites différents de la calanque. Ces récifs sont des blocs de béton, pesant jusqu’à 13 tonnes, conçues après un appel à idées lancé en 2013 par Egis  et Architeuthis. Le pari est pris que l’absence actuelle de vie sous-marine à la Calanque de Cortiou est due à l’état des fonds marins.

Un exemple de récif artificiel
Un exemple de récif artificiel - Florian Launette

« Les fonds marins sont désertiques, il y a une absence d’habitat », explique Didier Réault, président du conseil d’administration du Parc national des calanques. Il s’agit dès lors de proposer un abri afin de « retrouver la capacité à faire revenir la nature plus rapidement ». Autrement dit, créer de toutes pièces un habitat permettant à certaines espèces de trouver refuge pour s’alimenter, pondre et/ou se reproduire. Le projet est financé aux deux tiers par l’Agence de l’eau.

Et ça marche ? Sur  Marsactu, la chercheuse à l’Institut méditerranéen d’océanographie et membre du conseil scientifique du Parc Sandrine Ruitton a exprimé il y a quelques semaines ses doutes quant au succès d’un tel projet, la calanque de Cortiou recevant toujours le rejet des eaux usées de la station d’épuration de Marseille. « Le doute fait partie de la science, répond Didier Réault. A un moment donné, quand on fait une expérimentation, on fait un pari. »

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Les porteurs du projet font valoir également une qualité d’eau qui se serait améliorée via un travail d’assainissement des eaux usées. « La qualité de l’eau est normale selon les normes européennes, ce ne sont plus des eaux usées », affirme Didier Réault. Un suivi scientifique est également prévu pour pouvoir reproduire l’expérience en cas de succès. Rendez-vous est donc pris dans quelques années…