VIDEO. Fin de la COP23: Cinq chiffres inquiétants qui témoignent du péril environnemental

CLIMAT Tour d’horizon des indicateurs de mauvaise santé de la planète…

F.P.

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Pollution dans la rivière Yamuna à New Delhi, en Inde.

Pollution dans la rivière Yamuna à New Delhi, en Inde. — D.Faget / AFP

« Depuis 1992, hormis la stabilisation de l’amenuisement de la couche d’ozone stratosphérique, non seulement l’humanité a échoué à accomplir des progrès suffisants pour résoudre les défis environnementaux annoncés, mais il est très inquiétant de constater que la plupart d’entre eux se sont considérablement aggravés. » Ce bilan, implacable, est dressé par les 15.000 scientifiques signataires de l'« Avertissement à l’humanité » publié lundi dans la revue Bioscience. Tour d’horizon de cette dégradation catastrophique en cinq chiffres.

7,6 milliards. C’est, selon la dernière révision des Nations Unis, en juin dernier, le nombre d’êtres humains sur Terre. C’est deux milliards de plus qu’en 1992, date du premier avertissement de la communauté scientifique sur l’état de la planète. Soit donc une augmentation de 35 %. La population continuera de croître encore dans les prochaines années. « C’est quasiment inéluctable, explique le Jacques Veron, directeur de recherche émérite à l’ Ined (Institut national d’études démographiques). On s’approchera des 9 milliards d’habitants en 2050 , même si on observe actuellement une baisse marquante de la fécondité [nombre d’enfants par femmes]. » Même en Inde, peuplée par 1,3 milliard d’habitants : entre 1960 et aujourd’hui, le taux de fécondité y est passé de 5,9 à 2,5, indique le démographe Hervé Le Bras dans Le Monde.

Les 15.000 scientifiques évoquent sans détour le problème de la démographie dans leur appel et de la pression qu’elle fait peser sur les ressources. Ils préconisent de « réduire encore le taux de fécondité en faisant en sorte qu’hommes et femmes aient accès à l’éducation et à des services de planning familial » mais aussi de « déterminer à long terme une taille de population humaine soutenable et scientifiquement défendable »

32 %. La part des espèces de vertébrés qui déclinent aujourd’hui en termes de population et d’étendue, indiquait début juillet une étude de chercheurs américains et mexicains publiée dans les Proceedings of the national Academy of science. Les chercheurs avaient étudié les évolutions des populations de 27.600 espèces de mammifères, oiseaux, reptiles et amphibiens terrestres sur les cinq continents. L’étude confortait un peu plus le constat d’une extinction de masse d’espèce animale en cours. La sixième en 540 millions d’années, la dernière en date étant la disparition des dinosaures.

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Depuis, une étude parue le 19 octobre dernier dans la revue Plos One, a dressé le même constat alarmant. Les chercheurs se sont intéressés aux populations d’insectes volants ces 27 dernières années, dans 63 réserves naturelles allemandes. Ils concluaient à un déclin dramatique des insectes volants de 76 % en moyenne et jusqu’à 82 % au milieu de l’été. Une chute difficile à expliquer même si l’étude pointait les pesticides comme le responsable probable.

129 millions. Le nombre d’hectares de forêt à avoir disparu entre 1990 et 2015 selon un rapport de la FAO, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, sur les ressources forestières mondiales. Soit une superficie presque équivalente à celle de l’Afrique du Sud.

La FAO note tout de même du mieux avec un ralentissement de plus de 50 % du taux de déforestation mondial depuis 1990 et le placement d’un nombre croissant de forêts en zone protégée. Malgré tout, des coins du globe inquiètent toujours. A commencer par l’Amazonie, considérée comme un poumon de la Terre. Entre août 2015 et juillet 2016, 7.989 kilomètres carrés de forêt brésilienne ont été détruits, rapportait l’Institut brésilien pour la recherche spatiale en décembre dernier. Soit une augmentation de 29 % du taux de déforestation sur une année.

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41 milliards. Le nombre de tonnes de CO2 qui seront émises en 2017 selon les projections du Global Carbon project, qui dresse chaque année le bilan des émissions mondiales de C02. Ces émissions stagnaient depuis trois ans mais elles devraient repartir à la hausse en 2017-de 2 % par rapport à 2016- et atteindre ainsi un niveau record. Ces émissions sont engendrées essentiellement par la combustion de ressources fossiles (pétrole, charbon), les activités industrielles, et l’utilisation des terres (agriculture, déforestation…).

Les principaux pays émetteurs ? La Chine, toujours numéro 1 avec 10,2 milliards de tonnes de CO2 émises. Viennent ensuite les Etats-Unis (5,3 milliards), l’Inde (2,4 milliards). Les émissions sont aussi en hausse au sein de l’Union européenne. Elles devraient s’établir à 3,5 milliards de tonnes de CO2 en 2017.

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450. Le nombre de zones mortes dans les océans recensées par l’Institut des sciences marines de Virginie en 2008. Zones mortes ? Il s’agit de régions océaniques où le taux d’oxygène est au plus bas, « provoquant la mort par asphyxie de la faune marine peu mobile (micro-organismes, coquillages, crustacés…), et la migration de nombreux poissons », définit l’Institut océanographique.

Les 15.000 scientifiques s’inquiètent de la prolifération de ces zones mortes accélérée par l’utilisation de pesticides et le réchauffement climatique. Elles sont réparties sur 245 000 km² aujourd’hui, précisait Le Monde, en décembre dernier. Elles se trouvent principalement dans le Pacifique du sud, la mer Baltique, les côtes de Namibie ou encore dans le golfe de Mexico.