COP23: La hausse des émissions de CO2 en 2017 met les Etats sous pression

ULTIMATUM Une étude confirme que les gouvernants ne font pas assez pour tenir les objectifs de l’Accord de Paris…

20 Minutes avec AFP

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Les émissions de CO2 repartent à la hausse après trois années stables. (image d'illustration)

Les émissions de CO2 repartent à la hausse après trois années stables. (image d'illustration) — SAUL LOEB AFP

C’est une mauvaise nouvelle pour le climat. Les émissions mondiales de CO2 sont en effet reparties à la hausse en 2017 alors que la communauté internationale est réunie pour une seconde semaine de négociations climatiques à Bonn. Après trois années stables, les émissions liées à l’industrie et à la combustion d’énergies fossiles devraient croître de 2 % (entre 0,8 et 2,9 %) cette année par rapport à 2016 et atteindre un niveau record, soulignent les chercheurs du Global Carbon Project.

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Leur étude vient confirmer les sombres conclusions du dernier rapport de l’agence Environnement de l’ONU (Pnue), qui relevait que le monde ne faisait pas assez pour tenir les objectifs de l’accord de Paris visant à garder le réchauffement planétaire sous 2°C, voire 1,5°C.

« Recul pour le genre humain »

Pour y arriver, « il faudrait que les émissions atteignent leur "pic" ces prochaines années puis diminuent rapidement », rappelle une des auteurs, Corinne Le Quéré, de l’université britannique d’East Anglia, pour qui ces résultats sont « une grande déception ». A l’origine du boom des émissions, la Chine, qui a vu sa production industrielle bondir.

Mais pas seulement. Les Etats-Unis (où la consommation du charbon a crû pour la première fois en cinq ans face à la cherté du gaz) et l’UE font moins bien que les années précédentes. « Cette nouvelle est un recul pour le genre humain », a réagi Amy Luers, directrice de Future Earth, plateforme de recherche soutenant le Global Carbon Project. « Nous devons renverser cette tendance.

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Ce qui signifie en priorité fournir un accès à une énergie propre aux centaines de millions de personnes encore privées d’électricité ». De plus, le dérèglement climatique menace presque deux fois plus de sites naturels du patrimoine de l’Unesco qu’il y a trois ans, soit un quart d’entre eux (récifs coralliens, glaciers, forêts…), alerte l’Union internationale pour la conservation de la nature. Avec le réchauffement croissant, la Terre se rapproche de « points de bascule » irrémédiables : fonte de calottes polaires, disparition de glaciers… avait prévenu un rapport scientifique remis ce lundi à l’ONU.