Nuage radioactif en France: Un accident nucléaire en Russie en cause?

ENVIRONNEMENT Les spécialistes français estiment que le ruthénium-106 dont on a retrouvé des traces inoffensives en Europe viennent d'un accident en Russie, mais pas d'un réacteur nucléaire...

20 Minutes avec agence

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L'IRSN a enquêté sur un nuage radioactif détecté en France en octobre.

L'IRSN a enquêté sur un nuage radioactif détecté en France en octobre. — Thomas Samson AFP

Le nuage radioactif détecté en Europe entre fin septembre et début octobre pourrait provenir d’un accident survenu dans une structure nucléaire russe.

Des traces de ruthénium-106, une substance venue de l’industrie nucléaire, avaient été relevées en France par les stations de surveillance de Nice (Alpes-Maritimes), Ajaccio (Corse-du-Sud) et La Seyne-sur-Mer (Var) entre le 27 septembre et le 13 octobre. Plus aucune présence du produit de fission n’avait ensuite été relevée.

Aucune conséquence sur l’environnement

C’est ce que précise le rapport publié ce jeudi par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) qui a enquêté sur le sujet. Les auteurs indiquent que la radioactivité détectée n’a jamais dépassé quelques millibecquerels par mètre cube d’air analysé.

Les taux de ruthénium-106 mesurés en Europe ne sont susceptibles d’entraîner de conséquences ni sur les populations ni sur l’environnement. Quant à la provenance du nuage radioactif, les spécialistes la situent le plus probablement dans une zone géographique « entre la Volga et l’Oural ».

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Un accident sur le territoire russe ?

Pour l’IRSN, Le ruthénium-106 ne serait pas issu d’un réacteur nucléaire puisqu’aucun autre corps habituellement présent dans ce type de contexte n’a été détecté. La quantité rejetée dans l’air prouverait cependant une origine accidentelle.

Les spécialistes estiment donc que ce sont « des installations du cycle du combustible nucléaire ou de fabrication de sources radioactives » que s’est échappé l’élément radioactif. Même si, comme l’explique au Parisien le directeur-adjoint de l’IRSN en charge de la santé et de l’environnement Jean-Marc Péres, « les autorités russes ont dit ne pas être au courant d’un accident sur leur territoire ».

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