• Une filière de recyclage des mégots vient de voir le jour dans le Finistère.
  • Une fois collectés, les mégots sont triés, broyés puis dépollués.
  • La matière récupérée sert ensuite à fabriquer des objets comme des cendriers ou du mobilier urbain.

Alors que démarre ce mercredi l’opération Moi(s) sans tabac, une entreprise bretonne part en guerre contre les tonnes de mégots de cigarettes qui jonchent le sol et polluent la planète. D’abord spécialisée dans la collecte et le recyclage de déchets bureautiques, la société Eco Action Plus, basée à Bourg-Blanc près de Brest (Finistère), a diversifié ses activités il y a deux ans en se lançant dans la collecte des mégots auprès d’entreprises et de collectivités. « On envoyait ensuite ces tonnes de déchets polluants en Angleterre, sans vraiment savoir ce qu’ils devenaient », souligne Bastien Lucas, fondateur de la société.

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Lui-même ancien fumeur, le jeune entrepreneur s’est donc décidé à lancer une vraie filière de recyclage, baptisée MéGo, sur ce marché encore malheureusement très porteur. «  Les ventes de cigarettes ont augmenté au premier semestre. Il y a donc encore plus de mégots qui sont jetés par terre et qui filent dans les canalisations », indique-t-il. La pollution est bien réelle quand on sait que huit millions de mégots de cigarette sont jetés chaque minute dans le monde et qu’un mégot met plus de 15 ans pour se dégrader complètement.

Les filtres dépollués avec un bain d’eau

Dans cette profusion de mégots, Eco Action Plus en récolte environ une tonne chaque année auprès de ses partenaires. L’entreprise les achemine ensuite vers son usine de traitement, en service depuis quelques semaines. Sur place, les mégots vont être triés, broyés puis tamisés afin de ne conserver que les filtres de cigarettes. Composés d’acétate de cellulose, les filtres passent ensuite plusieurs fois dans un bain d’eau pour être dépollués. « Le procédé consiste à diluer dans l’eau les substances polluantes comme la nicotine ou le goudron », détaille Bastien Lucas.

Débarrassée de ses polluants, la matière va alors pouvoir être recyclée, sous forme de matière plastique, en divers objets. « On a commencé par faire des cendriers, des collecteurs de chewing-gums, des pots à crayons. On va désormais travailler le design pour proposer du matériel urbain, comme des panneaux d’affichage par exemple », précise le jeune entrepreneur breton.

Exemple de cendriers fabriqués à partir de mégots recyclés.
Exemple de cendriers fabriqués à partir de mégots recyclés. - MéGo

Convaincue par la démarche, la ville de Castres dans le Tarn a été la première à s’engager dans le dispositif MéGo. Jeudi, c’est Plougonvelin dans le Finistère qui se lancera, elle aussi, dans la chasse aux mégots, aux côtés d’Eco Action Plus. « Et d’autres collectivités sont déjà intéressées », assure Bastien Lucas.