Pyrénées: Des pots de « poison ours » découverts accrochés à des arbres, les promeneurs appelés à la vigilance

BIODIVERSITE Malveillance ou canular, des pots avec la mention « poison ours » ont été découverts par des randonneurs dans les Pyrénées. Les pro-plantigrades appellent les promeneurs à faire des signalements…

Helene Menal

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Un ours filmé dans les Pyrénées.

Un ours filmé dans les Pyrénées. — PNAltPirineu

  • Depuis une dizaine de jours plusieurs mots de «miel» avec la mention «poison ours» ont été découverts dans le Val d'Azun.
  • Les échantillons sont en cours d’analyses.
  • Les amis de l’ours appellent les randonneurs à signaler tout indice suspect pouvant nuire aux plantigrades.

Quelqu’un veut-il vraiment du mal aux ours des Pyrénées ou de mauvais plaisantins cherchent-ils à entretenir une polémique déjà féroce ? Des pots remplis d’une substance ressemblant à du miel et portant la mention « poison ours » ont été découverts dans le Val d’Azun, au cœur des Hautes-Pyrénées.

« Le premier signalement nous a été fait par un randonneur le 16 octobre, indique Sabine Matraire, la vice-présidente de Ferus, l’association nationale pour la conservation de l’ours, du loup et du lynx en France. D’autres pots, avec inscriptions ou pas, ont été retrouvés pendus dans les arbres, à hauteur d’homme, par des promeneurs ». L’association a prévenu les agents spécialisés de l' Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Le contenu des pots de « miel » est en cours d’analysés.

Opération « Vigie ours »

Mais Ferus et les autres défenseurs de l’ours ne veulent pas attendre les résultats pour agir. Ils prennent les devants en appelant les montagnards et autres usagers des Pyrénées à faire remonter tout signe suspect (cadavres inexpliqués, pot avec un contenu suspect, agitation suspecte dans un secteur) à l’adresse vigie@ferus.org ou au 06.46.62.19.47.

>> A lire aussi : VIDEO. Ariège: Des hommes armés et encagoulés annoncent la réouverture de la chasse à l'ours

Cette vigilance citoyenne se réactive alors que le climat est particulièrement tendu dans les Pyrénées. Mi-septembre, une vidéo où des hommes cagoulés appellent à « l’ouverture de la chasse à l’ours » a été diffusée. Par ailleurs, ce ne serait pas la première fois que des opposants tenteraient de nuire directement aux plantigrades : en 2006, en pleine campagne de réintroduction, des pots de miel mélangé à du verre pilé avaient été retrouvés.

Ferus profite de son appel pour rappeler que la destruction ou tentative de destruction d’une espèce protégée est un délit puni par le code de l’Environnement de deux ans de prison et 150.000 euros d’amende. Alors, bas les pattes.