VIDEO. Toulouse: Des lampadaires intelligents n’éclairent que quand c’est nécessaire

ENVIRONNEMENT Toulouse a adopté la technologie d’une start-up locale et déploie à grande échelle des lampadaires intelligents qui n’éclairent que quand c’est nécessaire. Les autres métropoles se laissent tenter…

Helene Menal

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Un lampadaire intelligent dans une rue de Toulouse.

Un lampadaire intelligent dans une rue de Toulouse. — Kawantech

« C’est quand même mieux que la lumière jaune des vieux réverbères et j’imagine que ça permet des économies ». Cette habitante de la rue des Edelweiss, dans le quartier de Rangueil à Toulouse, a le lampadaire « intelligent » modeste. Le fait d’habiter une rue pionnière où les réverbères fonctionnent à 10 % de leur capacité quand il n’y a personne et donnent leur pleine puissance quand ils détectent un piéton - ou un chat - à 30 mètres, ne la fait pas sauter au plafond. Ça n’a rien changé à son quotidien et c’était justement le but.

En revanche,Emilion Esnault, le conseiller municipal délégué à l’éclairage public, se frotte les mains. « Nous réalisons 70 % d’économies de consommation par rapport à un lampadaire led classique », indique-t-il, annonçant que dans le domaine, Toulouse est passée « en phase industrielle ».

Moins chers et moins gourmands

Tout en restant en circuit court. Le capteur « Kara » à détection de formes, opérationnel depuis deux ans à Rangueil, a en effet été inventé par la start-up toulousaine Kawantech. 485 lampadaires équipés de cette technologie ont été commandés en 2016, 100 autres cette année. Ils éclairent - ou pas - 17 km de rue à l’insu de leurs habitants. « En plus, étant économes, ils sont subventionnés et nous coûtent moins cher que les lampadaires ordinaires », ajoute Emilion Esnault. L’élu continue d’ailleurs à choisir l’esthétique de ses réverbères car Kawantech n’en construit pas, il fournit son boîtier high-tech aux fabricants classiques. Et fait tâche d’huile.

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Testé dans six métropoles

« Toulouse a publié il y a un an les résultats de l’expérimentation, compteur d’électricité à l’appui. Depuis, six autres métropoles, dont Paris, testent notre capteur », explique Yves le Hénaff, le patron de la start-up. Ses effectifs devraient passer du 10 à 20 salariés l’année prochaine.

Car Kawantech, en gardant le même boîtier « simplement relié par deux fils au lampadaire » veut étendre sa palette. En distinguant avec certitude les animaux et en ne les éclairant pas, 4 % d’économies supplémentaires peuvent être réalisées. Le boîter peut aussi servir à faire de statistiques de trafic à un carrefour, ou à indiquer le remplissage d’un parking. Sans déploiement d’appareil supplémentaire.