Munich: Il se rend tous les jours au travail à la nage

TRANSPORT Quand d’autres patientent dans les bouchons ou s’entassent dans un métro bondé, Benjamin David a trouvé un moyen bien plus relaxant pour se rendre au travail...

Fabrice Pouliquen

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Un homme profite du soleil sur une ile au beau milieu de la rivière Isar dans les environs de Munich (Photo illustration).

Un homme profite du soleil sur une ile au beau milieu de la rivière Isar dans les environs de Munich (Photo illustration). — Matthias Schrader/AP/SIPA

Le ras-le-bol des bouchons. Voilà ce qui a poussé Benjamin David a adopté un mode de transport original pour se rendre au travail. Chaque matin, le Munichois range son ordinateur, son costume et ses chaussures dans une pochette étanche. Puis, il plonge dans l’ Isar, un affluent du Danube, où l’attendent deux kilomètres de nage jusqu’à son travail.

Tellement d’embouteillages le long de l’Isar

« Le trafic routier est tel le long de l’Isar, que c’est tout sauf marrant, explique-t-il à la BBC dans un reportage diffusé la semaine dernière. En nageant, je vais non seulement plus vite, mais je suis aussi plus relaxé. » Et en prime, c’est écolo.

L’été, Benjamin David se rend ainsi au travail tous les jours et, parfois même, retourne à la maison de la même façon. « L’hiver, c’est moins souvent, reconnaît-il auprès de la BBC. Mais il lui arrive tout de même de sortir la combinaison et de se glisser dans l’eau. Aux pieds, il porte continuellement des sandales en caoutchouc pour éviter de se couper avec d’éventuels morceaux de verre ou des carcasses de vélos jetés dans le fond de la rivière. Avant de s’élancer, il vérifie aussi à chaque fois le niveau de l’eau et sa température, mais aussi la force du courant.

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Un sac étanche ingénieux

Mais c’est au sujet de son sac, à la fois étanche et flottant, que s’attarde le plus Benjamin David. « Il a été inventé par un jeune designer de Bâle  (Suisse) qui cherchait comme moi à se rendre au travail à la nage », rapporte-t-il. Lorsque vous le fermez, le sac se gonfle et devient une sorte de petite bouée sur laquelle vous pouvez vous reposer. »

A Munich, Benjamin David passe de moins ne moins inaperçu. « Les gens m’observent des ponts et rigolent ou me demandent ce que je fais, raconte-t-il à la BBC. Il leur répond alors que l’Isar a longtemps été utilisé comme voie navigable et qu’il essaie juste de lui redonner sa fonction.

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De moins en moins seul ?

Parfois même, Benjamin David voit d’autres Munichois se joindre à lui pour se rendre à leur travail. Il sent même poindre l’émergence d’un mouvement : « Les gens aiment bien nager ici, commente-t-il. Je ne serai pas étonné que dans les prochaines années nager dans l’Isar devienne une façon comme une autre de se rendre au travail. »