Journée mondiale des manchots: Les scientifiques alertent sur la nécessité de mieux protéger l'Antarctique

ANIMAUX Seuls le manchot Adélie et le manchot royal voient aujourd'hui leur population encore augmenter...

20 Minutes avec agences

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Des bébés manchots empereurs en Antarctique.

Des bébés manchots empereurs en Antarctique. — Gunter Riehle/Solent/SIPA

En 2015, le Pew Charitable Trust, une organisation américaine, avait affirmé, étude à l’appui, que les deux tiers des 18 espèces de manchots, qui vivent des Galapagos à l’Antarctique, étaient en déclin.

Deux ans plus tard, et à la faveur de la Journée internationale des manchots ce 25 avril, les scientifiques tirent encore la sonnette d’alarme.

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Pollution, fonte des glaces, surpêche du krill

Les manchots sont, disent-ils, directement menacés par le réchauffement climatique qui modifie très rapidement leur habitat et l’abondance de leurs ressources alimentaires. Les espèces évoluant en Antarctique sont particulièrement vulnérables à ce changement climatique : parce que la fonte de la banquise et des glaces dérivantes affecte leur habitat, parce que les petits sont adaptés à la neige mais pas à la pluie, et parce que le réchauffement de l’eau a une influence sur l’abondance de leur nourriture.

Tous sont également menacés par la surpêche du krill, ces minuscules crevettes dont ils raffolent, par la pollution et la dégradation de leurs sites de reproduction.

« Les animaux des écosystèmes de l’océan Austral luttent pour s’adapter »

« Les manchots sont de très bons ambassadeurs pour comprendre la nécessité de protéger les ressources de l’océan Austral », explique Christian Reiss, biologiste à l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique. « Ce sont des espèces emblématiques de cet écosystème et le sort de leur population dépendra d’une gestion efficace de leur écosystème et de la compréhension du rôle du réchauffement climatique et des impacts humains. »

A en croire l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), seule deux espèces de manchots (le manchot Adélie et le manchot royal) voient aujourd’hui leur population encore augmenter. « Pour faire court, nous savons que le réchauffement climatique modifie radicalement l’environnement dans l’Antarctique et que les animaux des écosystèmes de l’océan Austral luttent pour s’adapter », explique Cassandra Brooks, spécialiste des manchots à l’université de Stanford.

Vers la création du plus grand sanctuaire marin au monde

Et alors que les chercheurs tentent toujours de démêler les interactions complexes entre le réchauffement climatique et la population de manchots, un consensus a été trouvé en octobre dernier entre les 25 membres de la Commission pour la conservation de la faune et de la flore marines de l’Antarctique (CCAMLR) pour la création du plus grand sanctuaire marin au monde dans une partie des eaux immaculées du continent.

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Présenté par les Etats-Unis et la Nouvelle-Zélande, le projet doit aider la communauté scientifique à mieux étudier l’impact du réchauffement sur la faune et porte sur la création d’une zone protégée en mer de Ross, une immense baie côté Pacifique. Elle s’étendra sur plus de 1,55 million de kilomètres carrés, soit une aire plus vaste que la France, l’Italie, le Benelux, l’Allemagne, la Suisse et l’Autriche réunis.