#MarchForScience: Les scientifiques manifestent (avec humour) à travers le monde

MOBILISATION Des milliers de manifestants ont participé samedi dans plus d'une vingtaine de villes en France à la «marche pour les sciences», un mouvement mondial lancé aux États-Unis pour défendre la recherche...

H.S. avec AFP

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Une manifestante à Londres le 22 avril 2017 lors de la mobilisation pour défendre la recherche.

Une manifestante à Londres le 22 avril 2017 lors de la mobilisation pour défendre la recherche. — DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP

  • Le mouvement est né aux Etats-Unis en réaction aux déclarations de Donald Trump, notamment sur le climat ou l'environnement
  • Des milliers de manifestants ont participé samedi dans plus d'une vingtaine de villes en France à la «Marche pour les sciences»
  • 70 organisations, établissements et associations soutiennent la Marche pour les sciences

Trois mois après le succès mondial du mouvement en faveur des droits des femmes né aux Etats-Unis, la communauté scientifique internationale se mobilisait ce samedi 22 avril pour défendre la recherche. Comme pour la manifestation féministe, les organisateurs de cette « marche pour la science » jugent leur avenir menacé par l’administration de Donald Trump.

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De l’importance des sciences

En France, comme en Angleterre, en Allemagne au Groenland jusqu’au Ghana en passant par l’Inde et le Chili, des milliers de chercheurs ont défilé pour lutter contre la remise en cause de leurs travaux et la multiplication des « faits alternatifs ». « Nous voulons avertir et mobiliser les citoyens sur l’importance des sciences dans une société éclairée, ce ne sont pas des opinions mais des faits », a expliqué à l’AFP Emmanuelle Perez-Tisserant, historienne à l’Université de Toulouse et l’une des initiatrices du mouvement en France.

« On voit les dangers qui surviennent quand les politiques nient les faits scientifiques », a-t-elle ajouté, en évoquant en exemple les décisions prises par la nouvelle administration américaine ou les déclarations de Nicolas Sarkozy sur le climat, et celles de Marine Le Pen sur la responsabilité de l’État français dans la rafle du Vel d’Hiv.

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A Paris, entre 2.400, selon la police, et 5.200 personnes, selon les organisateurs, ont manifesté depuis le Jardin des Plantes pour notamment défendre l’indépendance de la recherche, promouvoir un meilleur dialogue entre sciences et société et dénoncer l’absence des sciences dans la campagne présidentielle en France.

« Il n’y a pas de planète B »

« L’expérimentation avant l’opinion », « Il n’y a pas de planète B », « Si vous croyez que la science est chère, essayez l’ignorance » ou encore « La science n’est pas une fake news », pouvait-on lire sur des pancartes. « Il faut rapprocher les citoyens et la science, car ce que l’on traite en science nous concerne tous », explique Anne Payroche, directrice générale déléguée à la science du CNRS.

A Marseille, plusieurs centaines de personnes se sont réunies sur le Vieux Port, devant l’Hôtel de ville. « C’est la première fois depuis le XVIIIe siècle et les Lumières que la rationalité scientifique se retrouve en première ligne de conflits géostratégiques majeurs », a expliqué le président directeur général de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) Jean-Paul Moatti.

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« Pour une politique basée sur les faits réels », « Sans science pas de futur », « Merci la médecine et la technologie », indiquaient des pancartes brandies par les manifestants représentant plusieurs départements des universités bordelaises, centres de recherches (INRA, CNRS, etc), musée des sciences, instituts de recherche médicale… En tout plus de 70 organisations, établissements et associations soutiennent la Marche pour les sciences.