Réchauffement climatique: La menace plane sur les rennes de Norvège

ANIMAUX Conditions de pâturages et transhumances chamboulées, impact sur les activités humaines, les conséquences sont multiples…

20 Minutes avec agences

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Illustration d'un renne en mars 2016, dans le Grand nord.

Illustration d'un renne en mars 2016, dans le Grand nord. — Shutterstock/SIPA

Les rennes pourraient être perturbés par le changement climatique qui se profile en Norvège. Au cours du siècle, les températures hivernales pourraient grimper de 7°C en Laponie norvégienne.

Cette hausse du thermomètre, déjà perceptible par les populations locales, a des répercussions sur l’élevage dans la zone du vaste plateau montagneux du Finnmark, comté le plus septentrional de Norvège.

Un sol impénétrable pour les rennes affamés

En cause : le climat continental, avec ses hivers froids et secs, cède progressivement sa place à un climat côtier, avec des températures plus douces et davantage de précipitations. Plus fréquentes, les alternances de gel et de redoux, de neige et de pluie, peuvent alors former au sol une couche de glace impénétrable pour les cervidés affamés.

Un tel glissement altère les conditions de pâturage des quelque 146.000 rennes semi-domestiques de la région qui se nourrissent de lichen et de mousse sous la neige. Avec pour conséquences, des conflits entre éleveurs autour des zones de pâture et une obligation de compléter l’alimentation avec du fourrage. Une opération onéreuse.

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Des conséquences aussi sur les transhumances

Les transhumances aussi peuvent être perturbées par ce chamboulement des saisons. A cause d’automnes plus longs, la glace, moins solide et plus imprévisible, peut céder lors du franchissement des cours d’eau, emportant les bêtes et parfois même les bergers.

« Les rennes vivent avec les variations climatiques depuis toujours et ont appris à s’adapter à la nature », souligne cependant Anders Oskal, directeur du Centre international pour l’élevage de rennes.

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Une explosion des activités humaines

Le principal motif d’inquiétude est ailleurs : « l’Arctique devient de plus en plus accessible à mesure qu’il se réchauffe, ce qui entraîne une explosion d’activités humaines », estime le spécialiste.

Prospection et exploitation minières, routes, éoliennes, chalets de vacances entrent ainsi directement en concurrence avec les pratiques ancestrales des Samis (Lapons) en réduisant et en mitant les pâturages.