VIDEO. Le scooter électrique à batterie amovible arrive en ville

MOBILITE URBAINE De nouveaux modèles de scooters électriques destinés à la ville arrivent sur le marché français. La nouveauté ? La batterie peut être retirée du deux-roues pour être branchée chez soi… 

Fabrice Pouliquen

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Le scooter Unu, de marque allemande, est commercialisé depuis ce mois d'avril en France.

Le scooter Unu, de marque allemande, est commercialisé depuis ce mois d'avril en France. — F. Pouliquen / 20 Minutes

Il a un côté rétro, avec ses longs rétroviseurs et sa coque arrondie qui rappellent les Vespas italiens. Mais le scooter Unu, commercialisé ces jours-ci en France, regarde résolument vers l’avenir.

Ce deux-roues est électrique déjà. Mais ce n’est pas tant sur ce point qu'il veut se distinguer. « Il fonctionne avec une batterie portable de 9 kg, raconte Mathieu Caudal, co-fondateur de la startup Unu basée à Berlin. Comme pour un vélo électrique, on peut facilement l'extraire du scooter pour la brancher chez soi ou au travail sur n’importe quelle prise.»

Un frein de moins pour le scooter électrique

C'était l'un des principaux freins jusque-là au scooter éléctrique, en particulier en ville. « On ne pouvait recharger son deux-roues que depuis son garage ou depuis une borne de recharge électrique sur la voie publique», rappelle Maxime Pasquier, chargé de la mobilité électrique à l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie).

Unu n’est pas la seule marque à concevoir ces batteries extractibles. La marque italienne Askoll, commercialisée depuis janvier en France, ou encore la chinoise Niu, le proposent aussi. Cette valeur ajoutée ne concerne pour l’instant que les scooters équivalents à 50 cc, la gamme la moins puissante des deux roues, les batteries étant tout simplement trop lourdes sur les scooters plus puissant.

« Un scooter fait pour la ville »

N’espérez pas monter dans les tours, ni parcourir de longues distances avec un Unu. Il n'ira pas au-delà des 45 km/h et a une autonomie de 50 km, qui peut toutefois être doublé, un espace pour une deuxième batterie étant prévu sous la selle.

Mathieu Caudal ne rougit pas des performances de son scooter. « Il est destiné pour la ville où la vitesse est de toute façon limitée au minimum à 50 km/h, et où les trajets sont de courtes distances.»

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Pour Unu, c'est sur ce marché que le scooter électrique a sa meilleure carte à jouer. Mathieu Caudal en veut pour preuve « les 3.000 scooters vendus en Allemagne » depuis juin 2014, premier marché sur lequel Unu s’est installé avant de gagner la Suisse, l’Autriche, les Pays-Bas et maintenant la France.

Le boom aussi des scooters à louer

Un autre signe est l’essor à Paris des «Cityscoot», un service de location en libre-service de scooters électriques, sans borne ni station, inauguré le 21 juin dernier avec 150 premiers scooters électriques et 1.500 abonnés. « D’ici mai, nous passerons le cap des 1.000 cityscoot en circulation, actualise Vincent Bustarret, responsable marketing de Cityscoot. 170.000 locations effectuées depuis notre lancement et nous avons élargis la zone de dépose à Neuilly-sur-Seine et bientôt Levallois-Perret. »

Maxime Pasquier voit dans ces services de location, qui existe aussi à Grenoble, le meilleur VRP des scooters électriques en France. «C'est une façon de découvrir la technologie, explique-t-il. Même sur des déplacements ponctuels, on peut se rendre compte des atouts de ces scooters électriques, maniables et surtout sans bruit. Cela peut déclencher des actes d’achats. »

Justement, l'Avere (Association pour le développement de la mobilité électrique) notait 5.451 nouvelles immatriculations de scooters et motos électriques sur l'année 2016. Soit une progression de 177% par rapport à 2015. Elle est particulièrement marquée sur la vente des équivalents 50 cm3, type Unu. Cela reste toutefois une goutte d’eau en comparaison aux 151 761 deux-roues motorisés (de 125 cm3 ou plus) tout confondu vendus en 2016.

Reste le prix...

« Le scooter électrique pâtit encore d'un frein de taille, observe Maxime Pasquier. Le prix.»  Le bonus à l’achat d’un véhicule électrique, instaurée par Ségolène Royal en janvier dernier, et qui peut grimper jusqu’à 1.000 euros pour un scooter, ne suffit pas : les différences de prix entre scooters électriques et thermiques, de modèle équivalent, se chiffrent à plusieurs milliers d'euros.

Dans la catégorie des scooters urbains, les équivalents 50cc, l’Association de promotion et d’information sur les véhicules électriques et hybrides (Avem) liste encore sur son site Internet plusieurs modèles commercialisés autour des 4.000 euros quand les prix, sur les scooters essences, démarrent à 1.000 euros. 

Des écarts qui se réduisent?

L’écart tend toutefois à se réduire avec les scooters électriques nouvellement commercialisés. Aksoll vend ainsi son premier modèle à 2.290 euros. Unu démarre à 1.890 euros, un tarif qui augmente ensuite suivant la couleur choisie et la puissance d’accélération voulue. Pour casser les prix, Mathieu Caudal ne s’en cache pas, Unu fait construire ses scooters en Chine. « Nous n’avons pas non plus de magasins, les achats se font en ligne via notre site Internet, précise-t-il. Nous nous passons alors d’intermédiaires coûteux et nous travaillons avec un minimum de stocks. »

Reste la question du service après-vente plus difficile à assurer quand le constructeur est en Chine et la marque à Berlin. Sur ce point, Unu assure passer des partenariats avec des réseaux de garages, comme Doc'Biker à Paris, formés pour réparer leurs scooters. Quant aux pièces détachées, elles viendront de Berlin, « sous les 48h », promet Mathieu Caudal.