Nucléaire: L’arrêt du réacteur 1 de Flamanville est prolongé de deux mois

NUCLEAIRE Ce réacteur est arrêté depuis le 9 février à la suite d'une «détonation» et d'un «départ de feu» dans la salle des machines. Les dégradations nécessitent des interventions «relativement conséquentes», indique le directeur de la centrale...

20 Minutes avec AFP

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Photo d'archives du 28 septembre 2015, montrant le dôme du réacteur 1 de la centrale nucléaire de Flamanville.

Photo d'archives du 28 septembre 2015, montrant le dôme du réacteur 1 de la centrale nucléaire de Flamanville. — CHARLY TRIBALLEAU / AFP

L'arrêt du réacteur 1 de la centrale nucléaire de Flamanville (Manche), dû à un incident le 9 février, est prolongé de deux mois, jusqu'au 31 mai, a-t-on appris jeudi auprès du gestionnaire de réseau à haute tension RTE.

EDF avait annoncé le 17 février que le réacteur était arrêté jusqu'au 31 mars.

« Des dégradations complémentaires »

Ce report est dû à des «dégradations complémentaires» qui n'avaient «pas (été) identifiées immédiatement», après l'incident, a précisé jeudi le directeur de la centrale nucléaire Stéphane Brasseur lors d'une commission locale d'information (CLI) aux Pieux, près de Flamanville.

Le réacteur avait été arrêté le 9 février à la suite d'une «détonation» et d'un «départ de feu» dans la salle des machines, une zone non nucléaire.

L'incident a entraîné «des dégradations qui nécessitent des interventions qui sont quand même relativement conséquentes», a admis Stéphane Brasseur.

Mais il n'y a eu «aucun blessé ni personnel incommodé par quelque fumée que ce soit», a ajouté Stéphane Brasseur. Une vingtaine de personnes se trouvait dans la salle des machines au moment de l'événement, a-t-il précisé. 30 véhicules de secours et 70 pompiers avaient été mobilisés, uniquement par précaution selon EDF.

Une « détonation » pas une « explosion »

Pour l'industriel, il ne s'est pas agi «d'une explosion» comme indiqué alors par la préfecture, car il n'y avait «pas d'explosif». Il y a eu une «détonation», comparable à celle d'un avion qui passe le mur du son, a résumé M. Brasseur.

«Il y a eu combustion de deux joints en néoprène avec des flammèches d'une dizaine de centimètres. Les fumées étaient noires car les joints étaient en néoprène», a ajouté le directeur de la centrale.

L'événement n'a eu «aucun impact sur la sûreté», selon EDF.

En revanche «il y a eu un déferlement médiatique décalé par rapport à la situation. On a eu des appels téléphoniques de la terre entière», a dit M. Brasseur.

«Vous n'avez pas vu la panique que ça a déclenché sur Cherbourg», a souligné pendant la réunion Patrick Luce, de FO, redoutant que les consignes de sûreté ne soient pas audibles en cas d'accident nucléaire.

Le réacteur 2 redémarre ce jeudi?

Le réacteur 2 de la centrale, arrêté depuis lundi pour un autre problème technique, en l'occurence une fuite d'eau, devrait lui redémarrer dans la journée, selon EDF.

Un troisième réacteur, de type EPR est en construction à Flamanville. L'autorité de sûreté nucléaire (ASN) se prononcera «probablement dans le courant de l'été» sur sa cuve, sur laquelle des anomalies ont été détectées, a indiqué l'ASN à l'AFP jeudi.