Eléphants d’Afrique: Les plus insomniaques des mammifères

ETUDE Cela pourrait limiter les possibilités des pachydermes d’avoir régulièrement des phases de sommeil dit paradoxal (REM), lors duquel surviennent les rêves, selon les chercheurs…

20 Minutes avec agences

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Un éléphant (illustration).

Un éléphant (illustration). — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

A l’état sauvage, les éléphants africains dormiraient en moyenne deux heures par jour et seraient régulièrement capables de rester éveillés pendant près de 48 heures. Cela fait d’eux les mammifères les plus insomniaques. Telle est la conclusion d’une étude parue ce mercredi dans la revue américaine Plos One.

« Comprendre comment les différents animaux dorment est important pour aider à comprendre les animaux eux-mêmes. Cela permet aussi de découvrir de nouvelles informations qui pourraient contribuer à élaborer de meilleures stratégies pour les protéger. Cela peut également offrir de nouvelles perspectives sur la manière dont dorment les humains, pour potentiellement mieux comprendre l’insomnie », estiment les chercheurs.

Deux femelles suivies pendant 35 jours

Pour mener à bien leurs observations, des scientifiques de l’Université de Witwatersrand (Afrique du Sud) ont suivi durant 35 jours deux femelles adultes matriarches d’un troupeau dans le parc national de Chobe, au Botswana.

Les pachydermes ont été équipés de deux dispositifs : un actimètre implanté dans la trompe [qui constitue la partie la plus mobile de ces animaux en éveil] pour traquer précisément les phases de sommeil et un collier muni d’un gyroscope pour détecter les positions des femelles pendant qu’elles dormaient.

Des pachydermes peu rêveurs

Bilan : les deux éléphantes ont pu rester sans dormir jusqu’à 46 heures d’affilée, se déplaçant sur des distances d’environ 30 kilomètres, peut-être pour s’éloigner de braconniers ou de lions, ont constaté les chercheurs. En outre, elles dormaient allongées sur le sol seulement tous les trois à quatre jours pendant une heure. Le reste du temps elles restaient debout.

Cela pourrait limiter leurs possibilités d’avoir régulièrement des phases de sommeil dit paradoxal (REM), lors duquel surviennent les rêves. Or, « rêver est considéré important pour consolider la mémoire », mais cela « ne semble pas être vrai pour les éléphants dont la longue mémoire est bien connue », note le professeur Paul Manger, principal auteur de l’étude.

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En outre, « les données recueillies pendant l’étude indiquent que les conditions dans l’environnement comme la température et le degré d’humidité, pas seulement la lumière du jour, agissent sur le moment auquel les éléphants s’endorment et se réveillent, ce qui dans ce dernier cas se produit bien avant l’aube », ajoute le spécialiste.