Ricardo Stuckert, ancien photographe du président brésilien Lula, a survolé en hélicoptère une tribu d'Amazonie qui n'est jamais entrée en contact avec l'homme moderne et en a rapporté des clichés qui divisent.
Ricardo Stuckert, ancien photographe du président brésilien Lula, a survolé en hélicoptère une tribu d'Amazonie qui n'est jamais entrée en contact avec l'homme moderne et en a rapporté des clichés qui divisent. - Ricardo Stuckert

Lors d’un survol en hélicoptère d’une région de l’Etat de l’Acre (Brésil) à proximité de la frontière péruvienne, le photographe Ricardo Stuckert a aperçu par hasard les membres d’une tribu isolée qui n’a jamais eu aucun contact avec le monde industrialisé. L’ancien photographe officiel du président Lula en a profité pour les mitrailler avec son appareil photo.

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Une série de flèches décochées

La rencontre a eu lieu à la faveur d’un orage que l’hélicoptère a dû contourner, rapporte Le Point. Sans cela, ceux qui ont été nommés les « Indiens isolés du cours supérieur de la rivière Humaitá » n’auraient pas été dérangés par le bruit de l’appareil.

 

Ces derniers ont d’ailleurs décoché une série de flèches en direction de l’appareil. « Ils sont très, très primitifs et ils tirent contre tout ce qui ne leur est pas familier », a précisé Ricardo Stuckert. « C’était puissant et émouvant. Cette expérience était unique », ajoute le photographe qui était accompagné de José Carlos Meirelles, un chercheur qui étudie les tribus indiennes depuis quarante ans.

Selon le scientifique, les membres de la tribu semblaient bien nourris et en apparente bonne santé. Ils formeraient une tribu de 300 individus. Le spécialiste note que la tribu avait été remarquée à différentes reprises comme en 2008 par la Fondation nationale de l’Indien (Funai), un organisme gouvernemental dont il fait partie. Entre chaque contact, les Indiens s’étaient déplacés.

« Manque de respect »

« Ces photos donnent une définition assez bonne de ces peuples, détaille José Carlos Meirelles. Elles permettent de donner des détails importants, comme leurs coupes de cheveux, et ce qu’ils cultivent. » Sur les clichés, on voit les Indiens en groupes au milieu de la forêt ou seuls près de leurs huttes. Tous sont nus et se montrent agressifs en regardant l’hélicoptère.

Si l’intrusion semble avoir été mal vécue par les « Indiens isolés du cours supérieur de la rivière Humaitá », certains internautes ont, eux aussi, trouvé les photographies déplacées. Le Funai a également réagi à l’exposition publique de « ces peuples autochtones qui maintiennent volontairement leur isolement » et estime que « ce reportage fait preuve d’un manque de respect », souligne Le Point.

« Mais si on ne faisait absolument rien, ces tribus pourraient disparaître complètement et on n’en saurait jamais rien », a pour sa part répondu José Carlos Meirelles, également membre du Funai.

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