C’est l’histoire d’un lion qui vécut à la fin du 18e siècle, au Sénégal puis en France. Voilà, en trois mots, comment on pourrait résumer le roman de Stéphane Audeguy, Histoire du lion Personne (éd. Seuil), qui a remporté ce mercredi le 34e prix littéraire de la Fondation 30 Millions d’amis.

« C’est très bizarre, l’histoire d’un lion au 18e siècle »

Michel Houellebecq, membre du jury d’écrivains qui a couronné ce roman parmi une sélection d’œuvres faisant la part belle aux animaux, a d’autres arguments pour nous convaincre de la qualité du roman lauréat : « C’est très bizarre, l’histoire d’un lion au 18e siècle qui se retrouve dans la Révolution française. C’est étrange. On croise des personnages auxquels on n’avait pas pensé. C’est très dépaysant. »

Stéphane Audeguy, le lauréat, recevra un chèque de 3.000 euros qu’il devra reverser à une association de protection animale de son choix. « Je suis content qu’une fondation donne ce prix à un livre qui n’est ni militant ni un livre à thèse, mais ouvert à l’énigme de l’animal », réagit-il.

La cause des vaches, pas anecdotique pour Michel Houellebecq

La Fondation 30 Millions d’amis ne pouvait toutefois pas rester insensible à des livres plus militants : pour la première année, un prix dédié à la cause animale a été attribué à La cause des vaches (éd. du Rocher), de Christian Laborde qui dénonce le « calvaire » des vaches transformées en machines à lait. C’était le favori de Michel Houellebecq, pour qui défendre les animaux n’est pas une lutte anecdotique : « Transformer des êtres vivants en machines à produire, alors qu’il est évident qu’ils souffrent et vivent un martyre réel et total, ne peut que nuire à l’humanité dans son ensemble », estime l’écrivain, qui soutient la cause animale à travers la littérature.

« Je ne suis pas végétarien, confie Michel Houellebecq, mais comme l’animal élevé dans des conditions à peu près acceptables coûtera toujours plus cher, il faut que les gens s’habituent à manger de la viande moins souvent. C’est nécessaire pour que ce ne soit pas honteux de manger de la viande. Mon militantisme s’arrête là », confie l’auteur qui ajoute ne pas « être optimiste » pour les animaux car « cette cause est desservie par son extrémisme ».

Réha Hutin, présidente de la Fondation 30 Millions d’amis, est plus positive : « Ce prix littéraire perdure depuis 34 ans et il est important pour faire avancer la cause animale d’avoir de grands écrivains auprès de nous ». Elle peut compter sur ses fidèles jurés, parmi lesquels Irène Frain, Frédéric Lenoir et Didier van Cauwelaert, ainsi que sur Michel Houellebecq qui, s’estimant « paresseux », a fait de ce prix sa « défense annuelle de la cause animale ».