La centrale nucléaire de Flamanville, le 28 septembre 2015, où une anomalie a été repérée sur une cuve du réacteur en construction
La centrale nucléaire de Flamanville, le 28 septembre 2015, où une anomalie a été repérée sur une cuve du réacteur en construction - CHARLY TRIBALLEAU AFP

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) se prononcera «fin 2016, début 2017» sur la fiabilité de la cuve du réacteur nucléaire nouvelle génération EPR en construction à Flamanville (Manche), sur laquelle une anomalie avait été repérée en 2015 et dont Areva tente de démontrer la résistance, a-t-on appris vendredi auprès de l'ASN.

En septembre dernier, le gendarme du nucléaire pensait pouvoir se prononcer à l'été 2016. Finalement «ce sera plutôt en fin d'année 2016, début 2017, ça dépendra» de la durée des tests qu'Areva mène depuis décembre sur cette pièce majeure, a indiqué à l'AFP Guillaume Bouyt, chef de l'antenne de l'ASN à Caen.

Les tests prennent plus de temps que prévu, a admis M. Bouyt qui s'exprimait en marge d'une commission locale d'information (CLI) sur la centrale de Flamanville, organisée dans une commune voisine, Les Pieux (Manche).

«Ce sont des tests uniques en leur genre», a-t-il justifié. La cuve, qui pèse 425 tonnes et mesure 11 mètres, est un élément clé de la sûreté puisqu'il s'agit de la deuxième barrière retenant la radioactivité, juste après la gaine du combustible.

Remplacement total ou partiel de la cuve, ou bien bouclage du chantier avec la cuve actuelle, «aucun scénario n'est exclu à ce stade» à l'issue des tests, a précisé l'agent de l'ASN. M. Bouyt a souligné qu'il n'y avait «pas non plus de scénario plus vraisemblable» qu'un autre.

En septembre 2015 EDF avait indiqué que le remplacement pur et simple de la cuve ne faisait «pas partie des hypothèses de travail». La poursuite du chantier avec la cuve actuelle, soudée à d'autres éléments majeurs, est un choix «des industriels», a souligné M. Bouyt.

Les autorités de sûreté chinoises suivent elles aussi le déroulement de ces tests, a indiqué M. Bouyt, car deux réacteurs EPR, dont les cuves ont été fabriquées selon le «même processus» que celle de Flamanville et sont donc «susceptibles d'être affectées par la même anomalie», selon l'ASN, sont en construction à Taïshan.

Ils doivent être mis en service en 2017, avant Flamanville qui cumule au moins six ans de retard et dont le coût a déjà triplé à 10,5 milliards d'euros, après de nombreux déboires.

Lors de la CLI, EDF a «rappelé son objectif de charger (le réacteur) en combustible au quatrième trimestre 2018» à Flamanville, «à condition bien évidemment d'avoir eu les autorisations». Son lancement a été repoussé à cette date en septembre.

Le couvercle de la cuve, concerné lui aussi par «l'anomalie sérieuse» détectée par l'ASN en avril 2015, a été livré en février à Flamanville, après avoir été bloqué près de Caen par treize militants de Greenpeace.

Revenant sur un nouveau défaut de soudure sur le circuit primaire annoncé jeudi soir par EDF, le directeur du chantier Antoine Ménager a indiqué vendredi à la CLI qu'EDF «saura réparer. Par contre il faut qu'on comprenne pourquoi on a généré ce défaut. Finalement, ce qu'on a mis en place (lors de prédécents défauts de soudure ndlr) n'était pas suffisant», a dit l'ingénieur EDF. En juin 2015 déjà, EDF avait annoncé avoir détecté «des défauts sur trois soudures» réparés depuis.

L'effectif sur le chantier a augmenté à 4.622 personnes contre 4.300 en septembre, a aussi annoncé EDF. «L'effectif va rester à (ce) maximum encore pendant un an. C'est la ruche et ça va continuer», a indiqué M. Ménager.

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