Un nuage de poussières sahariennes survole la mer Rouge.
Un nuage de poussières sahariennes survole la mer Rouge. - NASA/Sipa USA

Coup de sirocco sur le climat européen : dans les cent prochaines années, les vents du Sahara devraient réchauffer les océans et les températures car ils transporteront moins de poussières. D’après une étude franco-américaine, publiée ce jeudi dans la revue scientifique Nature, les émissions de poussières sahariennes vont diminuer au cours du prochain siècle et pourraient favoriser l’apparition de cyclones dans l’Atlantique.

Elles bloquent le soleil et fertilisent les océans

Ces poussières, soulevées par des vents comme l’harmattan dans le désert du Sahara, arrivent parfois sur les côtes européennes. Même lorsqu’on ne les voit pas, elles jouent un rôle important pour les océans, dont elles assurent la fertilisation, pour les températures, en bloquant les rayons du soleil, et sur le développement des cyclones dans l’Atlantique.

Or, il faut s’attendre à ce que ce subtil équilibre entre précipitations au Sahel, oscillation de pression, topographie et phénomènes climatiques comme El Niño, soit perturbé dans les prochaines années : « Statistiquement, quels que soient les scénarios climatiques qu’on regarde, il y aura une décroissance des poussières transportées dans les 100 prochaines années », explique Cyrille Flamant, chercheur au CNRS qui a participé à l’étude.

Bon pour la santé, pas pour le climat

Moins de poussières dans les airs, c’est un soulagement pour les populations du nord de l’Afrique ou du Moyen-Orient, qui ont développé des problèmes asthmatiques. Mais le déficit de poussières aura des effets moins bénéfiques sur le climat : « Les températures de surface des océans risquent d’être plus chaudes et l’océan atlantique risque d’être plus propice au développement de cyclones tropicaux dont certains viendront affecter le climat de l’Europe. Il pourrait y avoir plus d’événements extrêmes sur nos côtes », estime Cyrille Flamant.

Les poussières jouent un rôle de parasol qui bloque les rayonnements du soleil et contribuent ainsi à faire baisser les températures : moins de poussières, ce sont donc aussi des températures au sol plus élevées, explique le chercheur. Mais ceux qui risquent le plus de pâtir de l’absence de poussières, ce sont les océans. Aujourd’hui, plus de la moitié de la poussière déposée dans les océans provient des terres d’Afrique du Nord. « Ces poussières amènent du fer aux océans donc boostent leur productivité, explique Cyrille Flamant. On aura certainement moins de bloom phytoplanctonique », donc moins de vie dans les océans.

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