Une couche de sel flotte, le 16 août 2001, devant les remparts d'Aigues-Mortes. Aigues-Mortes fut construite pendant la décennie de 1240, au milieu d'étangs et de marécages, à moins de 15 kilomètres à l'ouest du delta rhodanien.
Une couche de sel flotte, le 16 août 2001, devant les remparts d'Aigues-Mortes. Aigues-Mortes fut construite pendant la décennie de 1240, au milieu d'étangs et de marécages, à moins de 15 kilomètres à l'ouest du delta rhodanien. - DOMINIQUE FAGET AFP

Le réchauffement climatique pourrait favoriser le développement de bactéries de type «vibrions» dans les lagunes et engendrer une hausse des infections transmises à l'être humain, notamment via la consommation de produits de la mer, avertissent vendredi des chercheurs.

Ces chercheurs du laboratoire Hydrosciences Montpellier (HSM, Université de Montpellier – CNRS – IRD) et du laboratoire Santé, Environnement et Microbiologie de l’Ifremer de Brest ont étudié les épisodes de crues automnales qui s’abattent sur la région du Golfe d'Aigues-Mortes (Gard), notant qu'ils provoquaient une augmentation de la concentration de vibrions.

«Suite à ces pluies intenses, le débit des rivières augmente et des grands volumes d'eau douce se déversent dans les lagunes, ce qui diminue la salinité de l’eau», explique Patrick Monfort du laboratoire HSM, dont les travaux sont rendus publics par l'Université de Montpellier. «Dans les lagunes d'Aigues-Mortes nous avons remarqué que cette baisse de salinité était associée à une explosion de la concentration des vibrions», précise le chercheur.

Cette abondance de vibrions pourrait être renforcée par le réchauffement climatique, selon l'équipe de chercheurs. Car la période durant laquelle la température de l’eau des lagunes est propice au développement des vibrions est plus longue et la fréquence et l'intensité des pluies plus fortes.

Selon cette équipe de chercheurs, il conviendrait d'anticiper le risque sanitaire lié à l'augmentation de la concentration soudaine de ces bactéries dans l'environnement en développant un modèle capable de prédire leur présence dans les lagunes. Cela impliquerait des mesures régulières de température et de salinité et permettrait aux autorités d'anticiper les risques associés à la consommation des coquillages provenant de ces écosystèmes.

Certains vibrions, bactéries proliférant en milieu marin côtier, provoquent notamment des gastro-entérites et des infections cutanées.

Ils prospèrent dans des eaux tièdes, notamment dans les lagunes du Golfe d'Aigues-Mortes, dès que la température dépasse 15 degrés.

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