Les réacteurs numéro 3 et 4 de Kansai Electric Power, au Japon, le 26 février 2016
Les réacteurs numéro 3 et 4 de Kansai Electric Power, au Japon, le 26 février 2016 - JIJI PRESS JIJI PRESS

La compagnie d'électricité japonaise Kansai Electric Power a annoncé lundi avoir fait appel d'une décision de justice ordonnant l'arrêt de deux de ses réacteurs nucléaires, les unités 3 et 4 de la centrale de Takahama (ouest).

L'entreprise demande en outre l'autorisation de remettre en service ces installations le temps que l'appel soit examiné, a indiqué à l'AFP un porte-parole.

Un tribunal japonais a exigé la semaine dernière que soient stoppés ces réacteurs à peine relancés pour des raisons de sûreté. «A la lumière de l'accident de Fukushima, il reste des interrogations sur les mesures de protection vis-à-vis d'un tsunami et concernant les plans d'évacuation», avait argué le juge, selon des propos rapportés par la presse.

La compagnie s'est aussitôt conformée à cette injonction visant deux unités qui ont pourtant obtenu les feux verts techniques et politiques pour redémarrer.

Takahama 3 avait été relancé en janvier et l'électricité produite était utilisée depuis fin février sur le réseau commercial.

Takahama 4 avait été réactivé fin février, avant d'être victime d'un problème technique qui a entraîné un arrêt inopiné trois jours plus tard. De facto, il n'était pas opérationnel au moment de la décision de justice mais Kansai Electric a désormais été forcé de suspendre les opérations de redémarrage.

Actuellement, sur les 43 réacteurs restants dans l'archipel (contre 54 avant l'accident de Fukushima), seulement deux sont en service (Sendai 1 et 2, sud).

Malgré ce revers judiciaire, le Premier ministre conservateur Shinzo Abe a répété jeudi, à la veille du 5e anniversaire de la catastrophe atomique de Fukushima, que le Japon ne pouvait se passer du nucléaire.

Fervent partisan de l'atome pour des raisons économiques (l'industrie a besoin d'énergie et l'importer coûte cher), le gouvernement plaide depuis trois ans pour que tous les réacteurs jugés sûrs par l'Autorité de régulation nucléaire soient relancés, en dépit d'une opinion publique majoritairement contre.

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