Le Premier ministre Justin Trudeau, le 2 mars 2016 à Vancouver
Le Premier ministre Justin Trudeau, le 2 mars 2016 à Vancouver - Don MacKinnon AFP

Le Premier ministre Justin Trudeau a repoussé jeudi de six mois la décision sur les mécanismes visant à respecter ses engagements pour satisfaire aux contraintes de réduction des gaz à effet de serre (GES) pris à la conférence sur le climat de Paris.

Aucun consensus n'a été trouvé à Vancouver lors de la réunion entre le gouvernement fédéral et l'exécutif des dix provinces et des trois territoires nordiques, tant les positions sont éloignées.

A la COP21 de Paris en décembre ou à Vancouver jeudi, le fédéral et les provinces ont reconnu la nécessité d'aller «vers une plus grande ambition sur une base régulière», a déclaré M. Trudeau en conférence de presse.

Déjà, «le défi devant nous de réduire de 30% nos émissions par rapport aux niveaux de 2005 d'ici 2030 est significatif», a-t-il ajouté.

Pour y parvenir, le gouvernement fédéral va devoir composer avec les particularités et les mesures déjà engagées par chaque province.

Le gouvernement Trudeau a clairement essuyé un échec en voulant imposer une taxe carbone unique afin d'atteindre les objectifs alors qu'il s'était donné jusqu'à mi-mars pour arrêter un plan de réduction des émissions de GES.

Les approches diffèrent pour réduire ces émissions de 30% avec l'objectif de la COP21 de limiter le réchauffement de la planète entre +1,5 à +2 degrés Celsius par rapport à l'ère pré-industrielle.

Le pouvoir fédéral et les provinces ont donc convenu de se revoir à l'automne avec les conclusions de quatre groupes de travail et à partir desquelles les choix devront être faits. «La transition vers une économie sobre en carbone va passer par une vaste gamme de mesures, dont un prix du carbone», a assuré M. Trudeau.

La réunion jeudi a reconnu que «le prix du carbone est un élément important de la solution», a-t-il ajouté.

- 'Excellent début' -

Moins affirmatif, le Premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador Dwight Ball a noté que les responsables politiques avaient donné leur accord sur un calendrier et reconnu qu'une économie moins gourmande en carbone était «une opportunité pour le Canada».

«Compte tenu de nos ressources abondantes en énergie propre et de l'émergence d'une économie verte», il n'y a pas de contradiction entre la croissance économique et la baisse des émissions de dioxyde de carbone, a rappelé M. Ball qui assure la présidence du Conseil de la fédération, organisme regroupant l'exécutif provincial et territorial.

Ce responsable a promis pour cet automne «des décisions sur la stratégie pour réduire les émissions de GES».

Avant cela, le gouvernement fédéral --avec la ministre de l'Environnement Catherine McKenna-- va mettre en place quatre groupes de travail censés dessiner les pistes: un sur les technologies propres, un sur l'innovation et l'emploi, un autre sur l'adaptation au changement climatique et enfin, le plus important, un groupe sur les mécanismes d'un prix du carbone adapté aux provinces.

«C'est un excellent début», a assuré Christy Clark, Première ministre de la Colombie-Britannique, la province de l'Ouest qui s'est déjà dotée d'une taxe carbone.

Si l'Alberta, plus grosse région productrice de pétrole, a déjà promis de taxer la tonne de carbone pour les compagnies pétrolières qui ne réduiraient pas leurs émissions de 20% d'ici l'an prochain, en revanche la province voisine de la Saskatchewan n'y adhère pas.

De leur côté, le Québec et l'Ontario, forts de près des deux-tiers des 35 millions de Canadiens, ont fait le choix de réduire leurs émissions de GES en mettant en place un marché des droits à polluer, en partenariat avec l'Etat américain de Californie.

Melina Laboucan-Massimo, de Greenpeace Canada, a jugé qu'«un avenir plus radieux est réellement possible». Mais, selon elle, «l’expansion des sables bitumineux» pour la production de pétrole va empêcher le Canada «d’atteindre ses objectifs climatiques internationaux».

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