La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal aux Mureaux, le 5 février 2016
La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal aux Mureaux, le 5 février 2016 - KENZO TRIBOUILLARD AFP

La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal a assuré mercredi que l'amendement gouvernemental au projet de loi sur la biodiversité, très controversé et retiré dans la nuit, avait été «déposé un peu trop précipitamment par les services qui ont cru bien faire».

«L'amendement est retiré bien évidemment, il a été déposé un peu trop précipitamment par les services qui ont cru bien faire», a déclaré Mme Royal dans la cour de l'Elysée à la sortie du conseil des ministres.

Elle a précisé que lesdits services n'étaient «pas les services de Mme (Barbara) Pompili», la secrétaire d'Etat à la Biodiversité. «Il n'est pas question de réduire ce droit à la réparation du préjudice écologique», a-t-elle certifié.

L'amendement retiré par le gouvernement en commission mardi soir prévoyait de retoucher le principe de «préjudice écologique», remettant en cause selon des socialistes et des défenseurs de l'Environnement le principe «pollueur-payeur».

- «Réparation» -

«C'est d'autant plus étonnant que, en tant que présidente de Poitou-Charente, j'ai subi, ma région a subi les dégâts de l'Erika», a expliqué Mme Royal rappelant le naufrage de ce pétrolier au large des côtes françaises en décembre 1999.

«Je m'étais portée en justice avec le département voisin, la Vendée, et nous avions obtenu réparation», a-t-elle poursuivi, expliquant que ce qui était en jeu était «la transcription en droit français de la jurisprudence, qui au contraire a indemnisé le préjudice écologique».

En souriant, elle a estimé qu'«à quelque chose malheur est bon parce qu'au moins, ça a mis en valeur cette évolution très importante de la loi qui va reconnaître le préjudice écologique et la réparation du préjudice écologique».

«Ouf! (Le) préjudice écologique est sauvé», s'est réjouie dans la matinée l'ancienne ministre de l'Environnement Corinne Lepage sur Twitter. «Merci à Ségolène Royal de nous avoir entendus», a-t-elle salué.

Il faut rester «très vigilants», vu le «lobbying très important contre l'inscription du préjudice écologique dans la Constitution», a néanmoins jugé mercredi la députée socialiste et ex-ministre de l'Ecologie Delphine Batho devant l'Association des journalistes parlementaires.

L'élue des Deux-Sèvres s'est aussi déclarée «très surprise que la secrétaire d'Etat (à la Biodiversité, l'écologiste Barbara Pompili ndlr), pour ses premiers pas, ait défendu cet amendement», qui aurait marqué «une régression sans précédent».

Europe Ecologie-Les Verts et des ONG, dont le WWF, avaient exprimé mardi leur vive opposition à l'amendement gouvernemental, finalement retiré.

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