Illustration d'une vache.
Illustration d'une vache. - SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Accusée, levez-vous. Sur vos quatre pattes. Vous êtes accusée de nuire à l’environnement par vos éructations et vos déjections. L’étude publiée ce lundi par des scientifiques suédois est accablante : l’agriculture et l’industrie agroalimentaire représentent un quart des émissions de gaz à effet de serre de l’Union européenne. Pour atteindre ses objectifs de réduction des gaz à effet de serre, l’Europe devrait réduire « de 50 % voire plus » sa consommation de viande de ruminants (bovins et ovins) ». 20 Minutes rejoue ce procès où les vaches sont appelées à la barre.

Le dossier de l’accusation

La production de viande de bœuf contenant un kilo de protéines entraîne l’émission de 200kg de CO2, contre seulement 10 à 30kg de CO2 pour l’équivalent en viande de porc ou de poulet. Les émissions des bovins représentent ainsi 70 % de celles du bétail européen aujourd’hui.

Selon une étude de l’ONG Friends of the earth, 15.500 litres d’eau sont nécessaires pour produire un kilo de viande de bœuf. Avec la même quantité d’eau, on peut produire 12 kilos de blé ou 118 kilos de carottes. Et l’eau, on sait que ce sera une ressource précieuse. L’ONG note également que plus de 40 % de la production annuelle de blé, de seigle, d’avoine et de maïs est utilisée pour l’alimentation animale. Un tiers des 14 milliards d’hectares de terres cultivées dans le monde est utilisé pour nourrir les animaux d’élevage. L’humanité perdrait donc des ressources alimentaires précieuses en les faisant passer par l’estomac des ruminants plutôt que de les manger directement (hum, la salade de luzerne).

Enfin, les vaches pètent et rotent, les mal élevées, et elles émettent ainsi du méthane, un gaz au fort potentiel de réchauffement climatique : les bovins représentent 5 % des émissions de CO2 de la France.

La parole est à la défense

Ce ne sont pas les vaches qui sont coupables, mais la manière dont on les élève. Par exemple, on peut réduire la quantité d’eau utilisée simplement en faisant brouter les vaches : les prairies naturelles n’ont besoin que d’un peu de pluie. En nourrissant les bêtes avec des aliments produits sur place, on évite aussi les émissions de CO2 liées à la culture et au transport des aliments venant parfois du bout du monde. Les prairies contribuent également au stockage naturel du carbone de l’atmosphère.

De plus en plus d’exploitations se lancent par ailleurs dans la méthanisation : le fumier est transformé en énergie et non en gaz à effet de serre. Quant aux rototos bovins, ils pourraient être considérablement réduits grâce à une alimentation incluant du lin.

Verdict ?

Les ONG et les études scientifiques sont le plus souvent d’accord : il ne s’agit pas de renoncer totalement à la viande rouge et d’arrêter l’élevage bovin, mais de privilégier une viande de meilleure qualité, élevée dans des conditions environnementales correctes, et d’en consommer en plus petite quantité. Les vaches, elles, sont acquittées.

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