Coincés par un iceberg, les manchots du cap Denison doivent parcourir 120 kms pour se nourrir.
Coincés par un iceberg, les manchots du cap Denison doivent parcourir 120 kms pour se nourrir. - VANDERLEI ALMEIDA / AFP

Ils doivent faire 120 kilomètres pour trouver de quoi se nourrir. Une colonie de manchots Adélie est en train de mourir à petit feu sur le cap Denison, en Antarctique, selon une étude de recherche publiée, début février, dans la revue Antarctic Science et repérée, samedi, par The Guardian.

La cause de leurs soucis n’est autre qu’un iceberg géant de la taille de la ville de Rome et baptisé B09B par les chercheurs en réchauffement climatique. Arrivé dans la baie du Commonwealth en 2010, cet iceberg a fusionné avec la banquise, coupant du même coup l’accès à l’océan de la colonie de manchots Adélie.

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En conséquence, les oiseaux de la famille des Spheniscidae passés à la postérité depuis le film de Luc Jacquet, La marche de l’empereur (2005), doivent désormais parcourir 60 kilomètres pour rejoindre la mer, se nourrir avant de refaire le chemin en sens inverse.

Une autre colonie prospère à 8 kilomètres de là

« Au fil du temps, le pénible voyage a eu un effet dévastateur sur la taille de la colonie, la faisant passer de 160.000 individus en 2011 à 10.000 aujourd’hui », assurent les chercheurs qui précisent qu’elle pourrait s’éteindre dans les vingt prochaines années si cet iceberg reste collé à la banquise.

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Mais les chercheurs se voient aussi fatalistes qu’optimistes. Notant qu’une autre colonie est très prospère à seulement 8 kilomètres de là, ils assurent que l’expérience naturelle aura permis de comprendre « l’impact des icebergs et l’extension des mers de glace le long de la côte est de l’Antarctique ».

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