Le Président zimbabwéen Robert Mugabe, à Johannesburg, le 5 décembre 2015
Le Président zimbabwéen Robert Mugabe, à Johannesburg, le 5 décembre 2015 - MUJAHID SAFODIEN AFP

Le Zimbabwe, en état de catastrophe naturelle en raison de la sécheresse, a appelé mardi les entreprises et les associations caritatives nationales à verser 1,5 milliard de dollars pour importer de la nourriture et empêcher une famine.

«Le gouvernement du Zimbabwe a besoin d'un total de 1.572.009.953 dollars (1,39 md EUR) entre février et décembre», a déclaré le vice-président Emmerson Mnangagwa lors d'une conférence, précisant qu'il faudrait importer 1.5 million de tonnes de maïs pour nourrir la population.

«La quantité de précipitations tombées à ce jour est insuffisante pour répondre aux besoins de base de la consommation d'eau des ménages comme des moyens de subsistance, de l'agriculture et de la faune», a ajouté M. Mnangagwa.

Cet appel intervient un peu moins d'une semaine après que le président Robert Mugabe a déclaré l'état de catastrophe naturelle dans de nombreuses zones rurales frappées par une grave sécheresse, qui affecte aussi d'autres pays de l'Afrique australe comme l'Afrique du sud, le Malawi et la Zambie.

Selon Emmerson Mnangagwa, les régions du sud du pays sont les plus affectées et des dizaines de milliers de têtes de bétail meurent, des réservoirs s'assèchent et le niveau des barrages baisse.

«Il existe une menace pour la vie humaine et animale quand viennent à manquer l'eau potable, l'eau pour l'irrigation et les points d'eau pour les animaux», a-t-il poursuivi.

Le vice-président a précisé qu'une partie des 1,5 milliard de dollars servirait à réparer les installations d'irrigation à travers le pays pour augmenter la production de nourriture.

Autrefois qualifié de grenier de l'Afrique, le Zimbabwe a connu des pénuries à répétition ces dernières années et misé sur l'importation de céréales des pays voisins pour répondre à ses besoins.

Robert Mugabe a expliqué la situation par la combinaison des faibles rendements agricoles dus aux pluies irrégulières et les sanctions imposées par les pays occidentaux pour violations des droits de l'Homme.

Mais des voix critiques pointent plutôt ses réformes agraires adoptées depuis les années 2000 qui se sont traduites par l'expulsion de fermiers blancs et la redistributions de terres à des Noirs souvent inexpérimentés ou sous-équipés. Le gouvernement a promis de faire un audit pour vérifier que les terres étaient bien cultivées.

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