Ségolène Royal et Al Gore ont participé à une réunion sur les émissions carbone, à New York, 27 janvier 2016.
Ségolène Royal et Al Gore ont participé à une réunion sur les émissions carbone, à New York, 27 janvier 2016. - SIPANY/SIPA

Six semaines après l'accord à la COP 21, Ségolène Royal prend son bâton de pèlerin. La ministre française de l'Environnement était à l'ONU, à New York, mercredi. Devant des investisseurs, elle a plaidé pour un prix du carbone élevé, susceptible d'inciter les entrepreneurs à privilégier l'économie verte.

«Le temps est venu de réconcilier l'économie et l'environnement», a affirmé la ministre lors de ce premier grand forum depuis le succès de la conférence climatique de Paris en décembre. «L'action climatique sert les intérêts des entreprises».

«Nous avons besoin d'un prix du carbone pour donner aux entreprises la capacité de gérer le coût à long terme (du changement climatique) et leur donner une incitation à investir», a-t-elle expliqué.

Comme «il n'est pas possible d'avoir un prix du carbone universel», elle a suggéré de fixer une fourchette «entre un prix plancher et un prix plus élevé».

15 euros la tonne au minimum

Au niveau européen, a-t-elle dit, «le défi est de faire grimper le prix du CO2, qui est actuellement trop bas à 8 euros la tonne». Ségolène Royal a ensuite évoqué devant des journalistes un prix plancher situé entre 15 et 22 euros, estimant que «15 euros est le minimum». La France s'est fixée un prix de 22 euros la tonne, qui passera progressivement à 100 euros en 2030. Le principe du prix du carbone est de faire payer aux entreprises leurs émissions de gaz à effet de serre.

Plusieurs pays, régions ou villes (Californie, Québec, etc.) ont déjà mis en place ce mécanisme à travers des taxes, des échanges de quotas d'émissions ou des normes d'émissions. Pour Royal, la baisse actuelle des prix du pétrole rend plus facile la mise en place d'un prix du carbone. Et selon elle, la chute des cours du brut va accroître la compétitivité des entreprises «qui pourront alors investir les économies réalisées dans les énergies de transition» au lieu de se gaver d'énergies fossiles bon marché.

Elle s'exprimait devant un parterre d'investisseurs et d'experts, dont des dirigeants d'entreprises comme Bank of America, Citigroup ou Tesla, l'ancien maire de New York Michael Bloomberg et l'ex-vice président américain et pionnier de l'écologie Al Gore.

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