Le lac Poopó, considéré comme le plus grand de Bolivie, a en l’espace de vingt-cinq ans presque disparu.
Le lac Poopó, considéré comme le plus grand de Bolivie, a en l’espace de vingt-cinq ans presque disparu. - USGS/AP/SIPA

Le lac Poopó était considéré comme le plus grand de Bolivie (après le lac Titicaca), mais en l’espace de vingt-cinq ans, il a presque disparu. En cause : la sécheresse liée au changement climatique et les négligences de certaines des 150 exploitations minières environnantes.

Huit tonnes d’aide humanitaire aux familles affectées

« Cette crise est en train d’affecter plusieurs familles vivant autour du lac Poopó depuis des générations. Car il fournissait de l’eau pour les villages avoisinants », souligne dans un communiqué relayé par Maxi Sciences, Vladimir Challa Huaca, porte-parole de l’autorité provinciale du lac Poopó (ouest du pays). Une autorité qui tire, cette semaine, la sonnette dalarme, espérant sauver les quelques kilomètres carrés d’eau qui peuvent l’être encore.

Le vice-ministre bolivien de la Défense Civile a déjà accordé 8 tonnes d’aide humanitaire aux 739 familles affectées par la sécheresse, selon Reuters. Reste que la population est forcée de migrer et que, selon les experts en charge de la conservation des espèces de la région, plusieurs millions de poissons et 500 oiseaux seraient déjà morts à cause de la sécheresse.


« Dans les années 1990, il y avait au moins 2.000 kilomètres carrés d’eau. Après cela, le niveau a commencé à baisser. En 1995, 1996, il y avait de la sécheresse aussi, et l’eau s’évaporait, mais cela revenait rapidement », se souvient sur CBC News Valerio Calle Rojas, pêcheur qui travaillait autrefois dans cette zone.

Une évaporation des eaux trois fois plus rapide que d’ordinaire

Si ce lac situé à 3.700 mètres d’altitude a donc déjà connu des épisodes de sécheresse, le désastre écologique est plus intense aujourd’hui et surtout, il s’accélère. Selon Reuters, il serait notamment dopé, depuis ces deux derniers mois, par le courant chaud El Nino qui a engendré une évaporation des eaux trois fois plus rapide que d’ordinaire.

Déclarer en 2014 le lac Poopó « zone sinistrée » n’aura donc pas été suffisant pour éviter de voir se créer ce qui n’est plus qu’une grande surface désertique denviron 4.000 kilomètres carrés. Et Victor Hugo Vazquez, gouverneur de la région de l’Oruro (au sud de La Paz, capitale de la Bolivie) continue, lui, de dénoncer « l’attitude et l’irresponsabilité des pays industrialisés qui polluent 365 jours par an ».

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