Les effets de la sécheresse en France, à Saint-Andre-de-Corcy, au mois d'août 2015.
Les effets de la sécheresse en France, à Saint-Andre-de-Corcy, au mois d'août 2015. - KONRAD K./SIPA

Notre planète continue de se réchauffer. L’année 2015 a été de loin la plus chaude sur le globe depuis le début des relevés de températures en 1880, battant le record de 2014 et indiquant une accélération du réchauffement planétaire, selon les chiffres publiés mercredi par le gouvernement américain.

Décembre 2015, mois le plus chaud depuis 136 ans

Sur les 12 mois de l’année 2015, dix ont battu des records de températures mensuels. Le mois de décembre a été le plus chaud jamais enregistré depuis 136 ans, selon les données de l’Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA). La Nasa a aussi rendu publiques ses estimations mercredi, qui sont très similaires.

En 2015, la température moyenne à la surface des terres s’est située 1,33°C au-dessus de la moyenne du XXe siècle, soit la plus élevée de toute la période 1880-2015, surpassant le précédent record établi en 2007 de 0,25°C, selon la NOAA. La température globale moyenne à la surface des mers et des océans a été 0,74°C supérieure à la moyenne du siècle passé, pour battre le record établi en 2014 de 0,11°C.

« 2015 marque une étape symbolique »

Depuis 1997, première année depuis 1880 a avoir connu une montée record du thermomètre sur la planète, 16 des 18 années qui ont suivi ont été plus chaudes, précise la NOAA. « 2015 marque une étape symbolique car c’est la première année durant laquelle la température moyenne du globe est montée de 1°C au-dessus du niveau de la fin du XIXe siècle », souligne le directeur de l’Institut Goddard des études spatiales de la Nasa, Gavin Schmidt.

La forte augmentation des températures en 2015 a en partie résulté du courant chaud équatorial du Pacifique El Nino, réapparu à la fin de l’année dernière comme cela se produit selon un cycle de deux à sept ans. El Nino, dont l’intensité est quasi record, devrait être présent jusqu’au printemps.

Mais 2015 aurait connu une température record même sans ce phénomène, souligne Gavin Schmid de la Nasa. « Nous n’aurions pas eu une année de chaleur globale record sans la tendance actuelle de réchauffement à long terme ». Le responsable de la Nasa pointe par ailleurs que la plupart du réchauffement s’est produit au cours des 35 dernières années. Il précise que 15 des 16 années les plus chaudes ont été enregistrées depuis 2001.

 

Fonte de la banquise

Les records de chaleur ont été observés quasiment partout dans le monde, en Amérique Centrale, Amérique du Sud, en Europe, ainsi que dans l’ouest de l’Asie et d’importantes portions de la Sibérie, mais aussi dans des zones étendues de l’est et du sud de l’Afrique, ainsi que dans le Pacifique, dans l’Atlantique, dans l’océan Indien et dans certaines parties de l’océan Arctique.

L’étendue moyenne des glaces dans l’océan Arctique a été de 11 millions de km2 en 2015, la cinquième plus petite superficie annuelle mesurée depuis 1979, début des observations par satellite, confirmant la poursuite de la fonte de la banquise. En revanche, la surface des glaces dans l’Antarctique a été avec 12,7 millions de km2, la troisième plus étendue.

L’accord de la COP21 pourra-t-il suffire ?

Les dirigeants du monde se sont mis d’accord le mois dernier à Paris lors de la COP21 pour prendre des mesures visant à contenir à 2°C l’augmentation des températures par rapport à l’ère pré-industrielle, un pas important pour tenter de limiter les effets du réchauffement. Toutefois, des scientifiques commencent à penser que ce niveau est arbitraire et irréaliste.

Le Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (Giec) estime qu’en l’absence d’un changement majeur et rapide dans la production énergétique mondiale, très dépendante du charbon et du pétrole, la hausse du thermomètre mondial sera de 3,7°C à 4,8°C à l’horizon 2100.

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