Le SeaOrbiter, une plateforme d'exploration sous-marine.
Le SeaOrbiter, une plateforme d'exploration sous-marine. - ©SeaOrbiter by Jacques Rougerie Architecte

Ne lui dites pas que son projet est un peu fou : Jacques Rougerie refuse d’être taxé d’utopiste ou d’excentrique. Architecte, il expérimente depuis plus de 30 ans des maisons sous-marines et des vaisseaux qui pourraient permettre de séjourner plusieurs semaines sur les mers. Le SeaOrbiter, son projet phare, pourrait être une chance pour les scientifiques de découvrir les fonds marins, encore méconnus. Pour découvrir l’univers de Jacques Rougerie, l’Institut océanographique lui donne la parole lors d’une conférence ce mercredi.

Pourquoi développer des architectures marines ? Pensez-vous que dans le futur les hommes iront vivre sur les mers ?

Avec la montée du niveau des océans, je pense plutôt que les hommes iront vivre dans des terres zones terrestres plus hautes, personne n’ira vivre sur la mer. Mais le rapport entre l’homme et la mer change car les technologies permettent d’explorer le monde sous-marin. On s’est aperçu qu’on ne connaissait pas ce monde : l‘homme est parti dans l’espace mais l’océan qui gère l’équilibre de notre planète, les courants marins qui régulent le climat, les migrations des animaux, les abysses restent mystérieux.

Quel bénéfice peut-on tirer de l’exploration de fonds marins ?

L’océan représente un immense espoir pour l’humanité. Il représente une source d’énergie renouvelable considérable, c’est aussi une importante source de nourriture si nous la gérons bien, et il reste des millions d’espèces que l’on n’a pas encore découvertes. Les médicaments du futur pourraient aussi venir des abysses.

Un projet tel que le Sea Orbiter pourrait-il voir réellement le jour ?

SeaOrbiter est l’aboutissement de 30 ans d’expériences menées sur les habitats sous-marins. Il a été testé et pourrait permettre d’explorer le monde sous-marin sur une longue durée. C’est un peu l’ISS [la station spatiale internationale] des océans ! On peut avoir l’impression que c’est une utopie, mais il a été expérimenté sur un bassin et est basé sur des technologies connues. Un consortium industriel s’est formé autour de ce projet, le montage financier est en cours pour construire le SeaOrbiter.

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