Paul-Emile Victor, mort il y a vingt ans: «un absent omniprésent» se souvient sa fille Daphné

Il y a trois pôles, le Nord, le Sud et...Paul-Emile Victor, ...

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Photo prise le 13 juin 1988 de l'explorateur français Paul-Emile Victor lors de l'inauguration de l'exposition "Eskimo" au Musée de l'Homme à Paris

Photo prise le 13 juin 1988 de l'explorateur français Paul-Emile Victor lors de l'inauguration de l'exposition "Eskimo" au Musée de l'Homme à Paris — CHARLES CARATINI AFP

Il y a trois pôles, le Nord, le Sud et...Paul-Emile Victor, disait-on dans les années cinquante pour illustrer la célébrité de l'explorateur polaire mort il y a 20 ans, dont la fille Daphné Victor parle pour la première fois aujourd'hui: «un absent omniprésent...» se souvient-elle.

Elle est toujours restée discrète, dans l'ombre immense du souvenir de celui qui incarne à jamais en France - à l'instar du commandant Cousteau pour les océans, d'Haroun Tazieff pour les volcans ou Maurice Herzog pour les sommets - le monde polaire avec ses trois initiales «PEV» devenues son patronyme sous forme d'acronyme.

Il a fallu vingt ans à Daphné Victor pour s'acquitter d'un difficile devoir de mémoire qui vient de se matérialiser avec la parution de la première biographie de son père, «Paul-Emile Victor J'ai toujours vécu demain» (Ed. Robert Laffont), écrite à quatre mains avec le journaliste Stéphane Dugast, publiciste du monde de l'aventure et de l'exploration.

Quatre années de travail, des kilomètres d'archives à dépouiller ont été nécessaires pour raconter le destin hors normes de ce fils d'un pipier jurassien, passé par la marine nationale et devenu l'incarnation des mondes arctiques et antarctiques.

- Du Groenland à Bora-Bora -

«Mais il fut aussi un pionnier de l'écologie et de la défense de l'environnement. L'aventure, la nature, la découverte des autres... La vie de mon père et ses valeurs font écho dans la société d'aujourd'hui», a souligné Daphné Victor à l'AFP.

«Nous avons voulu expliquer simplement les ressorts de sa vie et montrer qu'il était un homme comme les autres. Pendant mon enfance où il était toujours en voyage, je l'aimais par omission. Maintenant, je l'aime pour ce qu'il est, juste quelqu'un de bien», a-t-elle confié.

Embarqué à 27 ans en 1934 pour une première immersion chez les Eskimos du Groenland sur le mythique navire d'exploration polaire du commandant Jean-Baptiste Charcot, le Pourquoi Pas, Paul-Emile Victor s'est éteint à 87 ans en 1995 sur le minuscule atoll de Bora-Bora où il avait pris sa retraite dans les eaux turquoises et cristallines du lagon polynésien, aux antipodes du monde des glaces.

PEV a été immergé en haute mer en Polynésie avec les hommages de la République, sur le bâtiment de la Royale, Dumont d'Urville, qui est aussi le nom de la base antarctique française en Terre Adélie où il fit de nombreux séjours.

«Les vieux explorateurs ne meurent pas, ils disparaissent, ils s'évanouissent», disait-il.

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