COP21: Comment la société civile pourra-t-elle manifester après les attentats ?

CLIMAT Le gouvernement a interdit deux grandes marches qui devaient avoir lieu au début et à la fin du sommet sur le climat…

Audrey Chauvet

— 

Le logo humain des écoliers de Toulouse avant la Cop21.

Le logo humain des écoliers de Toulouse avant la Cop21. — Partrice Nin - Mairie de Toulouse

Le dimanche 29 novembre devait être un moment clé dans la mobilisation contre le changement climatique : des milliers de personnes avaient prévu de descendre dans les rues de Paris à la veille de l’ouverture de la COP21, la conférence sur le climat organisée par les Nations unies. Mais à la suite des attaques terroristes survenues ce vendredi à Paris, le gouvernement a décidé de « ne pas autoriser » cette marche, pas seulement à Paris mais dans toutes les villes de France, ainsi que celles qui devaient avoir lieu à la fin du sommet le 12 décembre.

>> A lire aussi : Les grandes marches pour le climat interdites après les attentats

La Coalition climat 21, qui regroupe les organisations de la société civile, a pris acte de cette décision qui semblait inévitable. Mais reste déterminée à faire pression sur les chefs d’Etat pour parvenir à un accord permettant de limiter le réchauffement climatique à +2°C : dès ce mercredi soir, la Fondation Nicolas Hulot annonçait qu’elle se mobilisait avec les autres ONG « pour imaginer des formes de mobilisations alternatives dans les règles fixées par le gouvernement ». Le mouvement Avaaz a ainsi annoncé ce jeudi qu'une marche symbolique aurait lieu place de la République: il demande « à toutes les personnes qui auraient été susceptibles de participer à la Marche de venir déposer une paire de chaussures, décorée avec leur nom et des messages personnels, au point de départ originellement prévu pour la Marche. »

>> A lire aussi : Un plan de sécurité rehaussé pour la Cop21

« Nous n’avons pas le droit de baisser les bras »

« Nous avons conscience de la gravité de la situation. Plus que jamais nous ferons part de créativité pour mobiliser et rassembler. Pas de COP21 sans mobilisation de la société civile », estime Juliette Rousseau, coordinatrice de la Coalition climat 21. Quelles pourraient être ces mobilisations alternatives ? « Nous réfléchissons à des idées pour pouvoir soit marcher symboliquement, par exemple en se connectant aux autres marches dans le monde », explique Matthieu Orphelin, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot.

Le week-end du 28 et 29 novembre, plus de 2.000 événements auront lieu dans plus de 150 pays, dont une cinquantaine de marches prévues dans le monde entier. Un soutien via les réseaux sociaux, un mot d’ordre qui deviendrait un hashtag pour signifier sa participation virtuelle à des marches dans le monde… Plusieurs formes de participation sont envisagées.

 

Le gouvernement a précisé que la société civile n’était toutefois pas mise au ban de la conférence sur le climat puisque « la totalité des manifestations organisées dans les espaces fermées et aisément sécurisables seront maintenues ». Une occasion à saisir, estime Maxime Combes, membre d’Attac : « Le gouvernement a décidé de maintenir l’Espace Génération climat, au Bourget, qui va accueillir les initiatives et présentations des multinationales (…): pourquoi ne pas l’occuper, de façon permanente et désobéissante, tout en empêchant tous les porteurs de propositions inacceptables (biotechnologies, géo-ingéniérie, business as usual, etc) de tenir leurs initiatives ? ».

Dans tous les cas, les associations ne désarment pas. « Nous n’avons pas le droit de baisser les bras, estime Matthieu Orphelin. Nous comprenons évidemment la décision du gouvernement, mais nous pensons que les mobilisations alternatives peuvent dégager un bel engouement. »