Nicolas Hulot «inquiet» pour la COP 21: «l'échec est possible»

Nicolas Hulot, envoyé spécial de François Hollande pour la ...

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Nicolas Hulot le 11 mars 2015 à Paris

Nicolas Hulot le 11 mars 2015 à Paris — Kenzo Tribouillard AFP

Nicolas Hulot, envoyé spécial de François Hollande pour la protection de la planète, s'est déclaré dimanche «inquiet» sur l'issue de la COP 21 à Paris en décembre, soulignant que «l'échec est possible», lors de l'émission commune de RFO et TV5 Monde «Internationales».

L'inquiétude «c'est le sentiment qui domine, l'échec est possible», a répondu Nicolas Hulot à une question lui demandant s'il était confiant ou inquiet.

«Il y a une mobilisation sans précédent, vous allez avoir à Paris probablement 150, 160 engagements, y compris de la part de pays qui ont de faibles responsabilités» dans le changement climatique, a rappelé Nicolas Hulot. Mais «on ne sera probablement pas sur la trajectoire» de 2 degrés de hausse de la température moyenne mondiale visée par la conférence des Nations Unies sur le climat, a-t-il ajouté.

«Globalement, au moment où on parle, on est pas sur la trajectoire des 2 degrés, on est entre 2,5 et 3,5 degrés, on est largement au dessus», a-t-il estimé.

Les Nations Unies ont indiqué vendredi dans un rapport publié à Berlin que «des réductions d'émissions de gaz à effet de serre beaucoup plus importantes» que celles promises à ce stade par 146 pays (86% des émissions mondiales) seront nécessaires dans les prochaines années pour rester sous la limite d'une hausse de température de 2 degrés. Les experts redoutent un emballement du système climatique au delà de cette limite.

«Nous avons une petite fenêtre d'opportunité pour éviter de franchir l’irréversibilité du phénomène», a souligné Nicolas Hulot.

«On ne va pas dire que Paris c'est la conférence de la dernière chance comme Copenhague (conférence climat qui s'était soldée par un échec en 2009) mais enfin il y a un moment où l'urgence ça ne signifie plus rien, les gens aux Philippines, au Bangladesh au Burkina Faso sont déjà dans l'urgence», plaide-t-il. «Il faut avoir conscience que ce n'est pas un petit sujet environnemental, c'est un sujet qui conditionne tous les enjeux de solidarité».

L'envoyé spécial pour le climat s'est par ailleurs déclaré persuadé que le président russe Vladimir Poutine viendrait à la conférence de Paris en décembre. «Je serai très étonné, compte tenu de l'importance de l'événement» (s'il ne venait pas), a-t-il dit. «J'ai rencontré le négociateur pour le climat de Vladimir Poutine, je l'ai senti dans une situation volontaire sur ce sujet», a-t-il ajouté, rappelant que les Russes commençaient eux-mêmeS à sentir les impacts du changement climatique.