COP21: Les trois points qui pourraient faire capoter la conférence sur le climat

ENVIRONNEMENT Deux mois et demi avant son coup d’envoi, François Hollande présentait l’événement jeudi matin…

R.S.

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Un globe terrestre avertissant contre les dangers du réchauffement climatique, sur le site de la COP21 au Bourget (Seine-Saint-Denis), le 6 mai 2015

Un globe terrestre avertissant contre les dangers du réchauffement climatique, sur le site de la COP21 au Bourget (Seine-Saint-Denis), le 6 mai 2015 — Lionel Bonaventure AFP

Un an après le rendez-vous de Lima (Pérou), c’est à Paris que les grands décideurs se réuniront du 30 novembre au 11 décembre pour poursuivre la réflexion entamée sur le climat. La COP21, (pour Conference of Parties), a d’ailleurs été présentée ce jeudi par François Hollande devant 400 invités, élus, ONG, artistes, leaders religieux. Pour que ce rendez-vous soit une réussite, le Président sait déjà que plusieurs défis doivent être relevés.

  • Le seuil limite des 2 °C pour le réchauffement ne fait pas consensus

Une partie des Etats se sont fixés, lors de la Conférence de Lima, l'objectif d'une limitation à 2°C du réchauffement climatique avant la fin du siècle, sous peine de dégâts écologiques irréversibles. « A Paris, nous ne serons pas en capacité d’être dans un scénario de limitation du réchauffement à 2 °C », affirmait pourtant Laurence Tubiana, négociatrice en chef de la France, au lendemain de cette dernière conférence. Parmi les 195 Etats participants, seulement 60 avaient fixé leurs engagements pour réduire les gaz à effet de serre (dont le CO2). Dans ces conditions, l’objectif des 2 °C semble illusoire. L’idée des scientifiques – et encore, tous ne s’accordent pas là-dessus – est d’affirmer qu’une élévation de plus de 2 °C de la température moyenne entraînerait un changement trop brutal de notre environnement. D’où le lent processus de substitution des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz) en énergies renouvelables.

  • Il faut trouver un moyen de financer les politiques climatiques des pays en développement

Comme souvent lors de la mise en place d’une politique commune, les questions touchant au porte-monnaie constituent un point de désaccord. Le sous-secrétaire général de l’ONU aux questions climatiques, Janos Pasztor, a souligné que le financement était un élément « absolument clé » du rassemblement. D’autant qu’en 2009 au Danemark, les pays développés s’étaient engagés à offrir 100 milliards annuels aux pays en voie de développement à partir de 2020 pour les aider à lutter contre le réchauffement. Six ans plus tard, cette promesse n’est toujours pas formalisée. Ce qui irrite François Hollande : « Pourquoi certains pays penseraient que nous serions capables d’arriver à ce résultat alors que nous n’avons pas avancé depuis Copenhague ? »

  • Convaincre le maximum de pays de formaliser un accord n'est pas une sinécure

Laurent Fabius, président de la COP21, admet lui aussi que la tâche sera d’une difficulté « extrême ». Les décideurs souhaiteraient cette année boucler un texte commun d’une vingtaine de pages. Et non plus 120 comme la dernière fois. L’objectif est aussi d’éviter les crochets, ces points d’achoppements sur lesquels les Etats ne sont pas parvenus à un consensus. Il faudra pour cela réussir à convaincre des pays aux intérêts parfois opposés. Comme le montre Pascal Canfin dans un ouvrage Climat, 30 questions pour comprendre la conférence de Paris, l’attitude de nombreux Etats clés sera particulièrement suivie. Le Canada, la Russie qui « regardent avec gourmandise la fonte de glace en Arctique pour ouvrir de nouvelles routes commerciales et explorer l’immense réservoir de pétrole et de gaz des régions polaires », mais également la Norvège, qui « développe des partenariats avec la Chine pour exploiter les ressources potentielles de l’Arctique », l’Australie, l’un des principaux pays exportateurs de charbon, et bien sûr les pays producteurs de pétrole réunis sous l’égide de l’Opep.