Eolien en mer: La ministre Ségolène Royal valide les quatre nouveaux sites d'implantation

ENERGIE Bien après les pays du Nord et le Royaume-Uni, la France veut multiplier l'installation de ces géants d'acier offshore...

Jane Hitchcock

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La France veut rattraper son retard, en matière d'énergies marines. Ici, un champ d'éoliennes en mer entre le Danemark et la Suède (photo d'illustration).

La France veut rattraper son retard, en matière d'énergies marines. Ici, un champ d'éoliennes en mer entre le Danemark et la Suède (photo d'illustration). — ANGOT/SIPA

La filière des énergies marines en France veut rattraper son retard. L’aventure de l’éolien en mer a commencé en 2007 et, bien après le Royaume-Uni et le Danemark qui représentent à eux seuls près de 75 % de la production, les premiers parcs entreront en service en 2018, sur la côte Atlantique. En attendant le lancement de cette nouvelle croissance « verte » (ou bleue), mercredi 5 août, la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal a lancé un nouvel appel à projets.

Quelles sont les nouvelles zones d’implantation ?

Publié sur le site de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), cet appel à projets cerne quatre nouvelles zones de « fermes pilotes éoliennes flottantes », et non cinq, confirme-t-on au ministère.

Deux de ces futures implantations se trouvent au large du Languedoc-Roussillon (étang de Leucate et commune de Gruissan, entre Narbonne et Perpignan), une troisième en Bretagne (entre l’île de Groix et Quiberon), une quatrième près du phare de Faraman, au large d’Arles en Provence-Alpes-Côte d’AzurL’appel à projets se clôture le 4 avril 2016.

Quels sont les sites déjà lancés ?

Malgré les tergiversations, contestations, manifestations et autres débats publics, les géants d’acier seront d’abord implantés au large de Fécamp, Courseulles-sur-Mer et Saint-Nazaire. Suivront Saint-Brieuc, Dieppe-Le Tréport et l’île d’Yeu.

Quelles répercussions économiques ?

En dehors de l’objectif affiché de diversifier les énergies renouvelables, l’un des autres enjeux de l’éolien mer est de créer une nouvelle filière industrielle nationale. Le Français Areva et l’espagnol Iberdrola, qui ont décroché Saint-Brieuc, promettent 2.000 postes. EDF, qui a développé les zones de Fécamp, Courseulles et Saint-Nazaire, avance pour sa part 1.000 emplois directs, 4.000 indirects, 1.600 pour l’assemblage et l’installation des géants d’acier offshore, et 300 emplois garantis pendant 25 ans pour la maintenance.

Quelles perspectives environnementales ?

Si un vent de contestation a pu souffler sur l’éolien offshore, c’est d’abord parce que beaucoup craignent que ces « grandes allumettes blanches » ne viennent gâcher le bleu de la ligne d’horizon des côtes françaises. C’est qu’un géant d’acier est presqu’aussi haut que la tour Montparnasse (210 mètres).

>> Découvrez ici les cartes des futures implantations

Les professionnels du tourisme s’inquiètent, les pêcheurs et les riverains aussi. L’Etat rassure : chaque site devrait pouvoir fournir 50 % de la consommation annuelle d’électricité du département limitrophe. Au ministère de l’Environnement, on précise : « Le développement de cette nouvelle filière contribue à l’atteinte de l’objectif ambitieux de produire 40 % de notre électricité à partir de source renouvelable à l’horizon 2030 ».