L'un des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Flamanville (Manche).
L'un des deux réacteurs de la centrale nucléaire de Flamanville (Manche). - Charly Triballeau AFP

L'anomalie signalée mardi par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) sur la cuve du réacteur nucléaire en construction à Flamanville (Manche) risque de condamner ce réacteur ainsi que deux autres EPR en chantier en Chine, affirme jeudi l'organisation écologiste Greenpeace.

«Jamais on a réextrait une cuve sans détruire tout ce qu’il y a autour»

«Si les tests en cours confirment l'anomalie --et il y a de fortes probabilités qu'ils la confirment-- ces EPR sont condamnés à ne pas démarrer» car les cuves, dont l'acier fait l'objet de doutes, « sont a priori irremplaçables» une fois posées, a déclaré à l'AFP Yannick Rousselet, chargé des questions nucléaires à Greenpeace France. «Jamais au monde pour le moment on a réextrait une cuve sans détruire tout ce qu'il y a autour», affirme Yannick Rousselet.

Interrogé par l'AFP sur la possibilité ou pas de démonter la cuve, le service de communication d'EDF, maître d'oeuvre du chantier de Flamanville, a indiqué ne faire «aucun commentaire» sur ces déclarations. «C'est énorme. Les enjeux sont considérables», ajoute Yannick Rousselet, pour qui il s'agit du plus gros problème jamais relevé sur un EPR (réacteur pressurisé européen).

Mardi, l'ASN a annoncé qu'une «anomalie» avait été détectée à Flamanville « dans la composition de l'acier du couvercle de la cuve, et du fond de cuve », deux pièces appelées calottes.

Les trois autres réacteurs EPR en construction à l’arrêt aussi?

Outre Flamanville, trois réacteurs EPR sont en construction dans le monde, en Chine et en Finlande. Selon l'ASN, «certaines calottes des cuves des réacteurs de Taïshan 1 et 2 (Chine) ont été fabriquées par Creusot Forge, filiale d'Areva, selon un procédé similaire à celui de la cuve de l'EPR de Flamanville». Ce n'est pas le cas des calottes de la cuve de l'EPR d'Olkiluoto en Finlande, qui proviennent d'un autre fournisseur.

Areva doit réaliser d'ici octobre des expertises pour confirmer ou infirmer «l'anomalie» apparue au cours de «premières mesures».

Financièrement, les enjeux sont selon Yannick Rousselet d'autant plus «énormes», qu'il est «impossible» de changer les cuves ou de les réparer. Celle de Flamanville a été officiellement posée en janvier 2014. Et celles de Taïshan 1 et 2 le sont aussi, selon Greenpeace.

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