Etude du corps d'un calmar géant, le 16 septembre 2014 à Wellington.
Etude du corps d'un calmar géant, le 16 septembre 2014 à Wellington. - Nick Perry/AP/SIPA

Il reste des mystères sur cette planète et le calmar géant en fait partie. Du Kraken de la mythologie scandinave aux films de science-fiction, cet immense habitant des abysses a fait couler beaucoup d’encre chez les écrivains mais peu de scientifiques ont eu la chance d’étudier un calmar géant. Michel Segonzac, auteur de Géants des profondeurs (éd.Quae) et attaché honoraire au Muséum national d’histoire naturelle, lèvera un coin du voile ce mercredi lors d’une conférence à l’Institut océanographique.

Pourquoi les scientifiques s’intéressent-ils aujourd’hui au calmar géant?

Parce que c’est le plus grand invertébré de la planète et aussi le moins connu. Les Japonais ont réussi à filmer pour la première fois un calmar géant dans son milieu naturel en 2012. Certes, on le connaissait depuis l’Antiquité, il y avait des mythes autour de cet animal, mais il a fallu attendre le milieu de XIXe siècle pour être sûr qu’il était réel, grâce aux échouages d’animaux morts.

Comment peut-on étudier cet animal si difficile à observer?

Les scientifiques ont pu commencer les recherches du jour où les pêcheries hauturières se sont équipées de gros chaluts pour aller plus profond, entre 1.000 et 1.200 m de profondeur. Certains ont remonté dans leurs filets des calmars géants et cela a relancé les scientifiques qui pouvaient avoir des échantillons plus frais. Les Néo-Zélandais ont équipé certains chalutiers de grands bacs de formol pour conserver ces animaux et cela a permis d’en naturaliser quelques uns.

Que reste-t-il à découvrir sur le calmar géant?

Son comportement, sa physiologie, quelles sont ses proies et ses prédateurs, comment il se reproduit, comment il vit dans des milieux obscurs… C’est un animal sur lequel on sait encore très peu de choses, même si on sait que c’est l’animal qui a le plus gros œil du règne animal, avec 25cm de diamètre soit la taille d’un ballon de foot, et un bec énorme avec lequel il déchiquette ses proies.

Pourrait-il y avoir d’autres grands animaux inconnus dans les profondeurs des océans?

Les espèces de grande taille en général ne nous échappent pas, mais quand on voit l’étendue des grands fonds et le peu qu’on a exploré, on n’est pas à l’abri de surprises. Il pourrait exister un animal de légende, un poulpe gigantesque de plusieurs dizaines de mètres. Pour les animaux de petite taille, on est sûr qu’on peut encore trouver des espèces nouvelles: on estime aujourd’hui qu’on a décrit 260.000 espèces marines et il en resterait 1.500.000 à découvrir.

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