Le Forum économique mondial se tient à Davos, en Suisse, du 21 au 24 janvier 2015.
Le Forum économique mondial se tient à Davos, en Suisse, du 21 au 24 janvier 2015. - Michel Euler/AP/SIPA

On prévoit -7°C le matin et 1°C dans l’après-midi sur les sommets enneigés de Davos ce mercredi. Pourtant, les quelque 2.500 décideurs politiques et économiques réunis jusqu’à samedi au Forum économique mondial devraient se pencher sur le problème du réchauffement climatique. Avec, en ligne de mire, le sommet des Nations unies sur le climat, la «COP21», qui se tiendra à Paris à la fin de l’année.

Basculer vers une économie sans carbone

Comme chaque année, le Global Risks report, un rapport sur les risques mondiaux évalués par près de 900 experts internationaux, servira de base aux débats de Davos. Pour 2015, les conflits entre Etats représentent la principale menace de déstabilisation des économies, mais les événements climatiques extrêmes et les «crises de l’eau» se placent également en tête des risques pour les dix années à venir, note le rapport.

Catastrophes naturelles, sécheresses, multiplication des épidémies liées à l’environnement, épuisement des matières premières mais aussi réglementations qui pourraient bientôt imposer de réduire les émissions de gaz à effet de serre: les entreprises doivent s’adapter. «Le changement climatique est à la fois une menace et une opportunité, estime Claire Tutenuit, déléguée générale d’Entreprises pour l’environnement (EpE). Les entreprises sont prêtes à basculer vers une économie décarbonée avec de nouveaux produits, de nouveaux matériaux et un nouveau modèle énergétique mais certains secteurs vulnérables devront être aidés.» Le projet abandonné d'écotaxe sur les poids lourds, par exemple, a prouvé qu’économie et environnement ne faisaient pas toujours bon ménage.

Hollande, Gore, Stern et… Pharrell Williams

Cela n’empêchera pas François Hollande de porter la parole du changement climatique vendredi à Davos: il devrait y évoquer les opportunités de croissance que le changement climatique représente pour les entreprises. L’innovation et le progrès technologique seront au cœur de son discours, assure-t-on dans l’entourage du président, soucieux de préparer le terrain pour la réussite de la COP21. «C’est utile de parler de climat à Davos, car sans le monde des affaires, des entreprises et de la finance, on ne trouvera pas de solution»,  explique Joël Ruet, conseiller à l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri) à Sciences-Po.

Pour appuyer le plaidoyer climatique, Al Gore, ancien vice-président des Etats-Unis et prix Nobel de la paix en 2007 pour son action en faveur de la lutte contre le changement climatique, animera à Davos des débats sur la nécessité d’agir et sur la façon dont les gouvernements devraient répondre à la menace climatique. Nicholas Stern, auteur d’un rapport sur l’économie du changement climatique largement diffusé et commenté en 2006, apportera son éclairage sur la manière dont les entreprises peuvent répondre au défi du changement climatique. Ils seront secondés dans leur mission par le chanteur américain Pharrell Williams, qui sera présent en tant que créateur de Bionic Yarn, une marque de vêtements fabriqués à partir de plastiques recyclés. Espérons qu’il reparte de Davos «happy».

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