Environnement: Pourquoi il faut croire à la prochaine conférence des Nations Unies

RECHAUFFEMENT La vingtième édition de la conférence de l'ONU sur le changement climatique débute ce lundi à Lima (Pérou)...

Céline Boff

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Un globe-terrestre exposé lors de la conférence sur le climat de Copenhague, le 19 décembre 2009

Un globe-terrestre exposé lors de la conférence sur le climat de Copenhague, le 19 décembre 2009 — Adrian Dennis AFP

Après la Coupe du monde de football, place à la COP du monde du climat. C’est à nouveau en Amérique latine, mais cette fois-ci à Lima (Pérou), que le monde se retrouve à partir de ce lundi et jusqu’au 12 décembre. 20 Minutes détaille l’enjeu de ce rendez-vous en cinq points.

C’est quoi la COP?

C’est le nom donné à la conférence annuelle de l’ONU sur le climat à laquelle participent 195 pays, plus l'Union européenne. L’an dernier, ce rendez-vous s’était tenu à Varsovie et il se déroulera à Paris l’an prochain. Cette année, à Lima, la communauté internationale va tenter de décrocher les bases d'un accord pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

A quoi ça sert?

En 2009, lors de la COP de Copenhague, les pays se sont fixés comme objectif de limiter le réchauffement en cours à +2°C par rapport à l'ère préindustrielle, alors que la température mondiale a déjà progressé de +0,8°C. Si nous ne changeons rien dans notre modèle actuel, la hausse sera de +3,6° à +4,8°C d’ici à 2100, ce qui menacera notre sécurité alimentaire et l’approvisionnement en eau potable de plusieurs régions, tout en causant l’extinction de nombreuses espèces et la multiplication d'événements climatiques extrêmes.

Pour se limiter à +2°C, les émissions de gaz à effet de serre (GES) doivent être réduites de 40 à 70% d’ici à 2050 et les deux tiers des réserves connues de fossiles ne doivent pas être exploitées. Le futur accord doit engager l'ensemble des pays participants dans ce sens.

Comment y parvenir?

D'ici à mi-2015, les pays devront annoncer leur objectif de réduction des GES et la manière de le réaliser. A Lima, l’objectif est de trouver un consensus sur la forme de ces «contributions nationales»: réduction absolue comme l'ont promis l’Europe et les Etats-Unis (respectivement -40% de GES en 2030 par rapport à 1990 et -26 à -28% d'ici à 2025 par rapport à 2005), baisse des émissions par habitant, dans des secteurs d'activité précis (forêt, bâtiment, production énergétique), etc. 

Au final, une compilation de ces «contributions nationales» permettra de juger de l'effort global et probablement du fossé à combler pour tenir le cap des +2°C.

Faut-il y croire?

Bien sûr, il y a eu la déception de Kyoto. En 1997, 37 pays s’engageaient à réduire leurs GES par rapport à 1990. Mais les Etats-Unis n’avaient finalement pas ratifié le protocole, le Canada avait décidé d’en sortir et le Japon avait revu son objectif à la baisse… De quoi démoraliser les militants de la cause écologique.

Pour autant, «le climat est de nouveau en haut de l'agenda politique», assure Laurence Tubiana, la négociatrice pour la France. «Après les bonnes nouvelles de ces derniers temps (accord USA-Chine, engagements de l'Europe pour 2030 et première capitalisation du Fonds vert, NDLR), il y a un sentiment de possibilité», estime l'économiste française qui se rappelle qu'en 2009, à Copenhague, «les gouvernements, notamment des pays en voie de développement disaient "c'est trop tôt". Ce n'est plus le cas».

Quels sont les moyens?

En 2009, les pays riches s’engageaient à aider les pays pauvres en leur finançant des projets dans les énergies renouvelables ou encore dans la lutte contre la déforestation, à travers un «Fonds vert». Fond qu’ils n’ont, dans les faits, jamais alimenté.

Mais c’est fini: les pays développés vont y déposer 10 milliards de dollars pour la période 2015-2018. Parmi les plus gros contributeurs, il y a les Etats-Unis (3 milliards de dollars), le Royaume-Uni (1,1 milliard) ou encore la France (1 milliard, soit 800 millions d’euros).